La légende des 4 fils Aymon.


Le cheval Bayard et les 4 fils Aymon.
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Image : Brewer’s dictionary of phrase and fables.

Ils étaient quatre frères, Renaud, Alard, Guichard et Richard (Richardin), abandonnés par leur père Aymon de Dordogne. Ils avaient été insultés injustement et même persécutés par Charlemagne.

Obligés de fuir, ils parcoururent les forêts d'Ardenne afin de tenter d'y trouver divers refuges. La légende nous rapporte qu'ils étaient tellement misérables et dans une cruelle nécessité qu'ils ne pouvaient monter qu'un seul cheval pour eux quatre.

Ils se seraient réfugiés dans divers châteaux, dont celui d'Amblève ou encore de Poulseur. Grâce à leur cheval de haute volée, l'inébranlable cheval Bayard, ils vinrent à bout de tous les dangers et finirent par se réconcilier avec le roi.

Certains individus contemplateurs pourront vous guider à l'endroit où se trouve une trace laissée par l'un des fers du fameux cheval Bayard ...

Durant de nombreuses années, un char véhiculant une représentation du cheval Bayard, chevauché par 4 preux chevaliers aqualiens, a participé au carnaval d'Aywaille.

Encore une légende, parmi d'autres.

Dans ses "légendes", Marcellin La Garde nous conte que le fils du Seigneur de Renastienne s'était énamouré de la fille du château voisin, la séduisante Blanche de Montfort. Par la suite, étant venu à Neufchasteau, il s'éprit de Mathilde de Roanne, fille du vieux Seigneur héritier de Mazon.

On décida alors d'organiser un tournoi afin de donner au vainqueur la main de la jolie Mathilde. Notre ami Raoul de Renastienne  vint à bout de tous ses concurrents parmi lesquels figurait un chevalier au panache rouge, sans armoiries et inconnu de tous. Raoul épousa donc Mathilde.

Cette dernière fut poignardée sur sa couche nuptiale par le chevalier au panache rouge dont l'armure sombre cachait Blanche de Montfort. Aux cris qu'elle poussait, Raoul accourut et il fut occis sous les coups de celle qu'il avait abandonnée.

Blanche, satisfaite de sa vengeance, s'élança par la fenêtre du donjon et s'engloutit dans les flots de l'Amblève.

Chaque année à l'avant-veille de la Toussaint, un fantôme parcourt les ruines, traînant deux cadavres attachés aux pans de sa robe. C'est Blanche de Monfort, condamnée à revenir sur le théâtre de son forfait avec les corps de ceux qu'elle a unis dans la mort ...

Le château fort, son histoire.

Comme pour tant d'autres sujets ou faits historiques témoins du passé de notre commune, énormément de pages pourraient être écrites pour relater l'histoire du château fort. Le but recherché n'est pas là.

L'édifice est en ruines, envahi par une végétation luxuriante et abondante et il eût été déplorable de ne pas relater quelques passages de son histoire. Dans quelques années la nature en sera venue à bout, il sera alors totalement masqué.

Une chose est certaine : la construction de ce château fort n'a pas été réalisée selon des concepts préétablis. Nous pouvons le constater à divers endroits par le fait qu'on y rencontre des appareillages de pierres dissemblables. Les différents ensembles d'ouvrages fortifiés ont été conçus au travers de plusieurs siècles par des bâtisseurs usant de techniques différentes.

La vue ci-dessus représente les ruines des murs intérieurs Nord-Ouest du donjon; celui-ci était composé de quatre étages dont trois sont reconnaissables. Le donjon dans son état actuel représente le seul élément qui soit encore visible de loin. Il est perché sur la falaise représentée sur la première photo de cette page. Nous constatons la présence de deux types de moellons, en grès rouge et d'autres en calcaire.

Au dernier étage du donjon, nous apercevons les restes d'une ancienne cheminée dont la partie centrale comporte encore à ce jour un montant sculpté.

Gageons que dans peu de temps, les intempéries feront s'écrouler de nombreux pans de murs.

 

 

Tentons de préciser quelques dates ...

Le château d'Amblève, ou "Neufchasteau-sur-Amblève"


Ci-dessus, plan du château. (A.Raway)


Vue de la falaise sur laquelle fut érigé le château d'Amblève avec, en haut à droite, les ruines du donjon.


Vue d'un pan du mur de défense relié à une tour semi-circulaire situé au N-E (4)


Vue d'une ancienne cheminée située dans le corps de garde. (17)

 De quand datent les différentes constructions?

 

A l'époque à laquelle le docteur THIRY et d'autres férus d'archéologie se sont posé cette question, vers 1920, beaucoup d'éléments qui eurent pu apporter des réponses concrètes étaient manquants et cette situation ouvre une porte à bien des incertitudes.

L'appareillage en pierres constituant la base du donjon présente des caractères distinctifs des constructions habituellement mises en oeuvre entre le XIIe et le XIVe siècle. Il eut fallu pouvoir entreprendre des fouilles plus méthodiques afin d'ausculter davantage les fondements du château.


Ruines du corps de logis. (14)

Le château fort d'Amblève ou son donjon du moins, représentait un type de construction militaire qui jadis était fréquemment rencontré dans nos contrées. D'autres constructions sont là pour l'attester : Florzé, La Heid ou encore Sougné ont connu ce genre de tour. Tel le château de Poulseur, Neufchasteau pourrait avoir été formé d'un simple donjon avec une petite enceinte et un fossé. L'actuel château de Montjardin, à Remouchamps,  avait d'abord été construit d'après ce modèle.

Tous les anciens châteaux érigés dans nos contrées ont été construits en plusieurs étapes. Au cours des siècles ils ont été partiellement démolis, réparés ou encore modifiés en fonction de la progression de l'artillerie. Les manants des environs, leur bétail et leurs maigres mobiliers devaient être protégés dans l'enceinte du château. Ceci expliquant tous ces agrandissements et modifications.

 
Ruines d'un mur qui jadis, supportait le pont-levis.