Certaines images sont parfois difficiles à réaliser, ne fût-ce que par l'abondance de la végétation ainsi que par l'accès très dangereux à certaines parties du site. De nombreux feuillus poussent de partout masquant ainsi de grands pans de murailles.

Nous apercevons ici (difficilement) l'entrée principale située sur la muraille Nord, là où se trouvait jadis le pont-levis.

 Des fouilles, des trouvailles ?

A n'en pas douter, des fouilles incontrôlées ont été effectuées au cours du temps et nul ne pourra jamais affirmer ce qui fut découvert et emporté illicitement. Dommage ! A quoi servent des découvertes qui restent cachées à l'insu de tous ?

Le docteur THIRY nous apprend qu'en 1905, lors de l'exposition universelle de Liège, les visiteurs pouvaient contempler un sceau en cuivre avec, sur le catalogue, les mentions suivantes :

« Classe III. Sceaux-matrices N° 3190. Sprimont. Cour féodale du duc de Limbourg.
Ecu aux armes du duché de Limbourg.

Légende : S. SERIE HOINV DVCIS DE LEBOR JVRAT DELT.DE SPRRIMOT. XIIIe siècle.
Diamètre 0m039. Institut archéologique Liégeois. Ce sceau a été trouvé dans les ruines du château d'Amblève
»

Toujours d'après THIRY, des fouilles sommaires avaient été effectuées en 1923, mais elles n'auraient pas permis de découvrir des choses de grande valeur.

   
Détail du mur intérieur Nord du donjon.

 

Plus près de nous, une A.S.B.L. s'était constituée : le "Vieil Aywaille". Ses  buts, parmi d'autres, étaient d'entreprendre des fouilles méthodiques sur le site des ruines du château et de restaurer ce qu'il en restait des nombreuses murailles.

Si des fouilles ont bien été effectuées, nous ne voyons pas, en date de ce jour, ce qui a été restauré, hormis quelques petites maçonneries ça et là. Certaines parties du château auraient pu l'être. Le donjon entre autres. On pouvait aménager un site à faire découvrir  à tout qui le souhaitait et le maintenir dans un état qui en eut émerveillé plus d'un.

D'autres fouilles furent "organisées" en 1934 puis en 1967 et d'autres encore en 1967. Quelques petits objets ont été mis à jour : fibule, fer de lance, anse en bronze ou encore pointe de flèche, fourchette de cuisine, etc.

Où sont ces objets ? Qui les détient ? Si certains se sont réellement "mouillé la chemise", d'autres en ont probablement profité en conservant certains objets, malheureusement, mais inévitablement.

Les dernières prospections sont probablement celles de 1972, année au cours de laquelle quelques restaurations et réparations assez conséquentes furent effectuées.

Depuis lors, aucun ouï-dire ne nous a  apporté des nouvelles. Les intempéries et la végétation entreprennent une lente destruction de ces imposantes murailles qui garderont pour elles bien des secrets.

Est vita !

 


Détails de la porte restaurée donnant accès à la grande cour.

Les ruines du château d'Amblève appartiennent actuellement aux trois descendants de M.ANCION.

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Sources consultées :

 "Neufchasteau sur Amblève", docteur THIRY, 1923.
"Neufchasteau sur Amblève", Etienne compère et A.S.B.L. "Vieil Aywaille"

© 2012 Jacques Schoumakers.

Le château d'Amblève, ou "Neufchasteau-sur-Amblève"

 

 Quelques dates au cours des siècles.

Certains faits sont très certainement fantaisistes. Ils sont le fruit de l'imagination galopante de conteurs de légendes ou encore de "penseurs" quelque peu en manque d'authenticité. Nous ne mentionnerons donc pas ces dates. Certains anciens historiens locaux ont rempli bien des pages à partir de faits qu'ils ne peuvent prouver.

«Nous pensons que...», «Il est probable que ...», «Pouvons-nous croire que ...» sont des expressions fréquemment utilisées pour remplir des pages. De plus, des contradictions dans la hiérarchie de certaines dates ne sont pas chose rare et c'est pour cette raison que je n'ai pas souhaité en retenir davantage. “ Beaucoup d'éléments font défaut pour se faire une opinion de l'âge des différentes constructions ” nous dit le docteur THIRY.

D'après l'ancien docteur BOVY, le manuscrit de Dom Malacord, moine de Stavelot, se trouvant au dépôt d'archives d'Aix-la-Chapelle, mentionne le fait que Lothaire II, après la mort de son père en 855,  assura à intervalles réguliers la dotation qu'avait faite son père à l'abbaye de Stavelot. Ce dernier avait donné la terre de Sprimont (en engagère?) sur laquelle se trouvait ce qui alors n'était probablement qu'un castel.

Nous sommes dans l'impossibilité de savoir qui a géré Neufchasteau par la suite, car les archives restent muettes jusqu'en 1049. C'est alors que Frédéric, duc de Luxembourg, donne en engagère l'alleu de Sprimont à l'abbaye de Stavelot afin d'assurer des funérailles de circonstance à Gerberge, son épouse décédée. A son retour de Rome en 1065, le duc de Luxembourg refusa de confirmer l'engagère. Devenu malade, il finit par accorder la cession de tous ses biens à l'abbé de Stavelot.


Escalier dans la cour centrale menant aux appartements.

En 1085, manquant de nécessaire, l'abbé Rodolphe de Stavelot se vit contraint d'engager la Cour de Sprimont, donc le château, à Mazon de Roanne. Au XIIe siècle l'alleu de Sprimont était toujours mentionné sur la liste des biens de l'abbaye de Stavelot. En 1252, les troupes liégeoises commandées par Mathieu d'Albuche et Gérard Beausire vinrent mener grand bruit en tentant, mais en vain, d'assiéger le château.

En 1285, les Luxembourgeois en guerre avec les Brabançons vinrent assiéger le château. C'est à cette époque que Jean I, duc de Brabant, brûla Aywaille après avoir détruit l'église de Sprimont. Quelques autres faits mentionnent le château à des dates différentes.

On parle encore du «Nouveau Chesteau» vers 1350 lorsque le châtelain de Sprimont y fit incarcérer sept brigands pour «vol de pièces de bois charriées par l'Ourthe».

En 1412, le duc de Brabant Antoine de Bourgogne donnait en engagère le domaine de Sprimont avec Neufchasteau-sur-Amblève, à Bauduin de Mondersdorp, Seigneur de Montjardin.


Intérieur du donjon, murs Nord et Est.

En 1497, Godefroid II de la Marck et d'Arenberg est cité comme étant le châtelain de Neufchasteau.

Le 30 octobre 1531, on cite Everard II de la Marck, fils de Godefroid d'Arenberg, en qualité de seigneur de Neufchasteau.

En 1570, Madeleine de Hatzfeld avait transmis à sa nièce Isabeau de Hoisteden, ses droits sur Sprimont comme dot pour son mariage avec François de Loncin. Ce dernier hérita du titre de seigneur de Neufchasteau-sur-Amblève.

En 1577, les Espagnols firent leur entrée dans nos régions. De nombreux faits de guerre et de nombreuses révoltes faisaient rage de toutes parts. En 1578, ordre fut donné au seigneur de Loncin de démolir Neufchasteau et Florzé. François de Loncin réussit à négocier avec le chef des armées espagnoles afin de sauver de la destruction la tour de Florzé. Il y parvint, mais à la seule condition de démolir Neufchasteau aux dépens du ban de Sprimont.

D'après Thiry, les fortifications furent probablement détruites à la mine. L'état dans lequel se trouvent le donjon et la grande porte d'entrée peuvent attester de la rage et de l'acharnement dont firent preuve les démolisseurs.

Depuis, les siècles se sont succédé et Neufchasteau fut visité par des vandales ou encore des chercheurs de trésors qui, ne voyant que leurs profits, ont saccagé davantage les ruines. Des individus d'alentour sont venus se servir en emportant tout ce qui leur paraissait exploitable, pierres de voûtes, moellons équarris, etc.

Et tout cela nous est rapporté en 1923 par le docteur THIRY. Depuis lors jusqu'à nos jours, bien des faits se sont produits et les ruines deviennent davantage des ruines !


Autre vue de la falaise et du donjon.


Entrée de la citerne jadis située dans la haute cour.