Je remercie particulièrement Monsieur le Chevalier FRANCOTTE pour sa disponibilité et pour le temps qu'il m'a consacré afin de me faire visiter l'entièreté de sa propriété.

Ses narrations historiques, ses explications relatives à l'histoire du château et ses connaissances exceptionnelles de l'histoire en général démontrent une vaste culture dont on ne se lasse pas d'en prendre des leçons.

En septembre 2012, date à laquelle j'ai écris ces lignes, Monsieur FRANCOTTE est âgé de 82 ans.

 

Façade extérieure de la muraille Sud du château.

Dalle armoriée de Paul de FISENNE et de Margueritte de FOULON de CAMBRAY.

La cour intérieure du château, jadis traversée par le "Royal Chemin"

 

D'autres photos du château

Sources consultées :

Monsieur le chevalier FRANCOTTE.
Histoire de l'ancienne Seigneurie et Commune d'Aywaille par Louis THIRY.
© 2012 Jacques SCHOUMAKERS.

Le château d'Awan - Aywaille.

Le château.

Situé sur le côté gauche de la route principale reliant Aywaille à Marche, d'où le nom de la rue, le château d'Awan ne laisse entrevoir que la muraille extérieure Sud de sa cour carrée. Au vu de l'état actuel de cette muraille qui ne paie pas de mine, bien devin qui peut imaginer les constructions qui sont érigées par-delà cet épais mur..

En longeant ce mur extérieur, nous aboutissons à une drève de tilleuls qui nous dirige vers la porte d'entrée de la cour carrée agrémentée en son milieu par un petit bassin de forme circulaire. Au milieu de celui-ci, nous découvrons, posée sur un socle sculpté à double étage comprenant chacun 8 faces, une fontaine chinoise en bronze. Le bassin est implanté au milieu d'un joli carré de pelouse garni de plusieurs parterres de bégonias rouge vif. A ses quatre coins, de petits thuyas coniques savamment taillés, délimitent ce carré de verdure.

Aux extrémités Est et Ouest le corps de logis est  flanqué de deux tours carrées de volumes inégaux. Une troisième tour, carrée elle aussi, est implantée à l'angle extérieur Sud-ouest de la cour carrée.

Les façades des bâtiments exposées au Sud, à l'Est et à l'Ouest sont érigées en pierre calcaires alors que le corps de logis est pour une large part composé de briques rouges. Ses extrémités sont cependant construites en calcaire tout comme les tours carrées. Toutes les toitures de l'édifice sont recouvertes d'ardoises.

De part et d'autre de la tour carrée située à l'Ouest du corps de logis deux serres ont été aménagées, justifiant ainsi la passion des propriétaires envers les plantes exotiques dont la majorité est composées de cactées aussi diverses que remarquables.

Aperçu historique.

Au XVIe siècle, "la Cense du Sart" aussi dénommée "maison seigneuriale de Rianwez" était le lieu où siégeaient les magistrats de la Cour d'Appel de "Rianwez-Durbuy". La cense se trouvait sur l'emplacement de l'actuel château d'Awan. Cette vaste cour de forme quadrilatérale était traversée d'Est en Ouest par un chemin de grande communication dénommé "royal chemin". Ce chemin suivait approximativement la route qui de nos jours relie Aywaille à Marche.

Toujours au cours du XVIe siècle, la cense fut fermée par une porte encastrée dans la muraille Est. Cette porte était dénommée "porte du Sart. Elle barrait ainsi l'accès au "royal chemin". Aucun propriétaire ne résidait dans la cense qui était très probablement occupée par des censiers assurant la culture et l'entretient des terres. Les damoiselles de la VAULX-FOIDCOURT en étaient les propriétaires

Ces damoiselles, victimes indirectes des guerres entre l'Espagne et la France et des luttes intestines de l'empire d'Allemagne, furent expropriées. Tant par procès que par les armes, elles rentrèrent en possession de leur domaine.

Vers 1625, Guillaume de la VAULX-FOIDCOURT succéda aux damoiselles et devint ainsi propriétaire du château d'Awan cependant, il n'y résidait pas encore. Il avait comme censier un certain Jean Thomas qui s'occupait de la gestion de la cense. Le 4 novembre 1630, le seigneur d'Olne, Jean de FRAIPONT, les assigna tous deux en justice pour le motif d'une rente non payée et venue à échéance le jour de Noël 1629. On ne connaîtra pas les comptes-rendus du procès.

En 1636, Aywaille et ses environs subirent une terrible épidémie de peste. Afin d'éviter la contagion, Guillaume de la VAULX-FOIDCOURT et son épouse Elisabeth de RAHIER vinrent occuper leur propriété du Sart à Awan. Cette propriété était alors située à la limite des terres d'Espagne et elle fut le sujet de nombreuses contestations.

Alentour de 1616 (date incertaine), le baron Ferdinand de LINDEN devint le successeur des la VAULX et comme ses prédécesseurs, il fut victime des mêmes chamailleries. Finalement, ce fut un accord passé devant le Conseil de Malines qui mit fin à toutes ces controverses.

En 1650, la cense fut pillée et les bâtiments furent incendiés. De nombreuses murailles s'écroulèrent et la porte du Sart subit elle aussi les mêmes calvaires. Les reconstructions mirent un certain temps à démarrer, ce qui fut à l'origine de nombreuses improbités et autres abus : les manants d'alentour en vinrent à retraverser la cour de la cense, reprenant ainsi une ancienne coutume disparue depuis plus d'un siècle.

Le 13 avril 1660, Paul de FISENNE fit l'acquisition de la Seigneurie de Rianwez avec la cense du Sart et devint ainsi le premier seigneur résidant dans le château. Il prit à sa charge les réparations des dégâts causés par l'incendie.

Nous pouvons remarquer une dalle armoriée de Paul de FISENNE et de Margueritte de FOULON de CAMBRAY, datée de 1661, encastrée dans le mur Sud du château.

Le 9 juin 1670, Marguerite de FRAIPONT, seigneur d'Olne, souhaite faire effectuer le bornage de ses propriétés. Il s'agissait surtout de délimiter les terrains proches de la résidence de Paul de FISENNE et situés « vers couchant pardesseur et dessoub le grand chemin que souloit traverser la cour dudit sr Fisen venant d'Aywaille à Xhoris ».


Paul de FISENNE proposa un « cerchemaneige » qui fixerait les limites, renseignerait les « piécentes » et autres passages, signalerait les abus « qui se commettent soit par fermeture, enjambement, usurpation », et déterminera le cours des « eaux et lavasses ».

Paul de FISENNE décéda au château d'Awan le 18 septembre 1697. Quelques mois plus tard, le 8 janvier 1698, son épouse Margueritte de FOULON y rendait son dernier soupir. Leur pierre tombale se trouve au fond de l'église d'Awan, sous les fonds baptismaux.

Ce fut alors Antoine Georges de FISENNE, l'aîné des 5 enfants qu'eurent le couple, qui succéda à son père.

Antoine Georges mourut à Awan le 1 octobre 1719; il était âgé de 74 ans. Il fut enterré dans le choeur de l'église St. Etienne à Liège. Son épouse, Menasse-Louise de VOES décéda au château d'Awan le 11 août 1735. Elle eut sa sépulture dans le choeur de la chapelle d'Awan. Le couple avait eu 6 enfants dont le benjamin Georges-Dieudonné-Ernest de FISENNE

Il faut savoir que le 17 mai 1704 Paul de FISENNE, son oncle, avait abandonné tous les droits qu'il possédait à ses neveux. Le 2 novembre 1745, Georges-Dieudonné-Ernest de FISENNE assista à l'incendie de son château. Le feu, d'une violence rare, détruisit tout le corps de logis; seules les étables restèrent debout. Ce seigneur décéda célibataire au château d'Awan le 3 février 1747.

Georges-Erard de FISENNE, neveu du précédent seigneur, releva la seigneurie du 7 octobre 1747 au 9 mai 1765, date à laquelle il vendit la seigneurie d'Awan à Agnès JEUNECHAMPS, douairière du chevalier d'ANDRIESSENS.

Madame Agnès JEUNECHAMPS clôtura la liste des Seigneurs d'Awan sous l'ancien régime.

Le 6 janvier 1792, la propriété d'Awan fut acquise par W. Guillaume SIMONIS de Verviers qui à son tour céda le château à  le 20 novembre 1833 à Madame RICHARD, née LAMARCHE.

Le 19 juillet 1879, Mme de LUESEMANS reprit le bien en succession de sa tante Mme RICHARD, née LAMARCHE.

Monsieur de LUESEMANS, époux de la propriétaire, se chargea de donner au château l'état dans lequel nous pouvons actuellement le voir. Il fut reconstruit avec les matériaux de la cense qui avait brûlé en 1745. Nous pouvons constater l'assemblage très bien réussi entre les pierres et les briques.

Au décès de Mme la douairière de LUESEMANS, le 17 mars 1937, le château d'Awan devint la propriété de son neveu, Monsieur Etienne LAMARCHE qui décéda en 1973.

Depuis cette date, le château est devenu la propriété de Madame Marie-Thérèse LAMARCHE, décédée le 21 novembre 2011 à l'âge de 83 ans. Monsieur le Chevalier Auguste FRANCOTTE, son époux, devint ainsi l'usufruitier de la propriété et ses 5 enfants en sont les nus-propriétaires.