Les villages de Harzé et d'Ernonheid.

Le village de Harzé.

C'est à l'époque féodale que Harzé apparaît dans l'histoire. Un acte de l'abbaye de Stavelot daté de l'an 890 en fait alors état. C'est probablement à ce moment qu'un seigneur du 9e ou du 10e siècle établit un ouvrage défensif sur un éperon dominant la vallée du Wayai et faisant face aux plaines de Piromboeuf pour se protéger contre les envahisseurs normands et magyares.

La seigneurie de Harzé fait partie du duché de Luxembourg et relève du comté de Montaigu-en-Ardenne. Elle verra se succéder une dizaine de dynasties à sa tête. La première connue est celle de la comtesse Ermentrude (en 1064). Lui succèdent les familles de Clermont, de Beaufort-Celles, de la Marck, de Ligne, de Lynden, de Suys, d'Aspremont, d'Eynatten, de Rahier, de Berlaymont et enfin, de Potter d'Indoye.

A différentes époques, les seigneurs de Harzé n'habitent pas le château mais y installent un châtelain auquel ils délèguent leurs pouvoirs, se contentant pour eux de toucher les revenus de la seigneurie. Ils possèdent la haute et basse justice et sont assistés dans ce but par la cour des mayeur et échevins qu'ils nomment eux-mêmes.

Si l'agriculture et l'élevage occupent une place prépondérante dans l'activité économique de la seigneurie, il convient de parler aussi de l'exploitation des minerais de fer qui fut florissante du 14e et 18e siècle.
Dans la vallée de la Lembrée, au lieu-dit "les pouhons" existait un centre fort important réunissant les usines à battre le fer, les fourneaux servant à le fondre ainsi que les habitations des ouvriers et des maîtres. Les minerais étaient déterrés un peu partout aux alentours et traités sur place.
La chapelle Sainte-Anne est le seul vestige de ces agglomérations maintenant disparues qui eurent pour noms : Avéricois – El Barier – Les Pouhons.

Avec la fin de l'ancien régime, les droits seigneuriaux sont abolis. Harzé devient municipalité française.

En 1830, Harzé est érigée en commune et incorporée dans l'arrondissement administratif de Huy de la province de Liège. Les limites de son territoire restent sensiblement les mêmes que celles de l'antique seigneurie. La seule rectification importante a lieu en 1818 : l'enclave de Piromboeuf, relevant d'Aywaille, est échangée contre celle de Raborive, où Harzé touchait à l'Amblève.

Du 29 octobre 1944 au 31 mai 1946, le château de Harzé
sert de quartier général à l'armée américaine.

Le village d'Ernonheid.


Sous l'ancien régime, la seigneurie d'Ernonheid et Pouhons fait partie de la principauté de Stavelot-Malmedy, comté de Logne, quartier d'Ocquier. Elle est indivise entre plusieurs familles qui tiennent leurs droits seigneuriaux en fief du prince abbé.

En 1686, Paul Herman de Boileau et sa femme Marie Gallo de Salamanca donnent leur part de seigneurie au monastère de Bernardfagne, l'autre moitié restant aux mains de particuliers. Cette situation perdurera jusqu'à la révolution française.

La terre d'Ernonheid doit son essor économique à l'industrie métallurgique qui prospère en cet endroit jusqu'au 18ème siècle. Après la disparition de celle-ci, la communauté locale vit de la culture des héritages, de l'essartage et de l'élevage, au détriment des bois et des landes.

Au cours du 19ème siècle, l'extension de la prairie artificielle façonne le paysage tel que nous le connaissons actuellement : de vastes étendues herbagères entourées de bois.

Au lendemain de la révolution belge, Ernonheid est incorporé dans l'arrondissement de Huy et, avec ses 446 hectares, devient la plus petite commune de la province de Liège.

Le village d'Ernonheid est cruellement éprouvé lors des deux guerres mondiales. En 1914, un habitant est tué et quatorze maisons incendiées avec leur contenu. En 40/45, un civil est abattu, un autre périt dans un camp de concentration et trois maisons partent en fumée.

Lors des fusions de communes, en 1977, Harzé et Ernonheid rejoignent l'entité d'Aywaille.

 © 2004 Etienne Compère.
 

Le château de Harzé