MESSAGERIES – DILIGENCES - CHARS à BANCS : faits du passé.

 

Il eut fallu pouvoir transcrire des anecdotes relatives à ce sujet mais malheureusement, les personnes qui eurent pu en raconter nous font aujourd'hui défaut. Et Dieu sait s'il dût y en avoir à narrer !

Je suis persuadé que très peu de personnes, parmi nos générations actuelles, ont eu connaissance de l’existence de cette « ligne » et c’est bien normal puisque nous devons remonter en novembre 1850 pour découvrir l’autorisation accordée, sous le N° 10273, par le commissaire d’arrondissement au sieur Nicolas Joseph Carpentier. Celui-ci était probablement associé à un dénommé Leclercq puisque sur un document signé d'eux deux ils avaient avertis les voyageurs « qu’ils allaient recommencer leur service de diligence » entre Aywaille et la station de chemin de fer de Trooz.


Cela signifiait-il qu’un service avait existé auparavant ? Nous pouvons le supposer mais les archives que j’ai consultées n’en disent mot. Cela n'est pas vraiment indispensable puisque l'unique but de ces lignes est de faire connaître en peu de mots un service qui a existé par le passé.

Tout cela nous ramène en juin 1861. Chacune des pages journalières comprises dans le livre des comptes était titrée par : « Produit du charaban de 1861 » selon l'année bien sûr. Le lecteur comprendra qu’il s’agissait bien évidemment d’un « char à bancs »

A l’époque, lorsqu’un voyageur se rendait d’Aywaille à Trooz, le conducteur de la diligence lui réclamait une somme de 1 franc 25 ou de 2 francs selon l’endroit où il descendait à Trooz. D’après les annotations inscrites dans ses livres de comptes, les points d’arrêt étaient établis à Aywaille, Remouchamps, Louveigné et Gomzé-Andoumont.. Les voyageurs avaient l’opportunité de descendre à deux endroits différents dès leur arrivée à Trooz. Quelques fois, il y avait également un point d’arrêt à Stinval. Le terminus de la ligne était établi à la gare du chemin de fer de Trooz, située sur la ligne Verviers - Liège.

C’est en tous cas ce que j’ai pu relever dans les livres originaux détaillant les comptes de la compagnie. Le conducteur y annotait le nom des passagers qu'il chargeait sur son parcours ainsi que la somme qu’il leur réclamait pour le prix du transport. Il ne connaissait probablement pas les noms de tous les voyageurs qu'il chargeait et dans ce cas, il annotait sur son livre de route : "une femme ou un homme" ou encore "deux Nivarlet et deux autres"


Nous devinons aisément qu’un tel moyen de transport n’offrait pas l’opportunité a beaucoup de voyageurs de profiter de ce service. Six personnes tout au plus, hormis les marchandises et missives diverses, étaient transportées par la diligence. Nous pouvons découvrir dans les livres de comptes que les diverses marchandises étaient des tonneaux, des mannes, des paquets, etc.

Le prix imposé pour les marchandises était d'1 franc 50 par 100 Kg d'espèce. Obligation était donnée au concessionnaire de la ligne de transporter quotidiennement les dépêches destinées à tous les établissements de Postes situés sur le parcours. Par "dépêche", il était réclamé une somme de 20 francs par lieue de 5000 mètres, aller et retour, pour une année de services rendus.


La ligne Aywaille - Trooz devint effective le 15 juin 1851. Le service était uniquement assuré entre le 15 juin et le 15 octobre de chaque année. Le temps de route était d'environ deux heures. Il faut savoir que , conformément au règlement daté du 29 novembre 1829, les voitures devaient être montées sur des ressorts et aussi être attelées d'au moins deux chevaux.

Le premier départ journalier depuis Aywaille était fixé à 2 1/2 heures avant le passage "au Trooz" du premier convoi venant de Verviers et menant à Liège.
Certes, il ne s'agit ici que d'une description succincte de l'existence de cette ligne mais il me semblait utile de faire connaître l'existence d'un service qui, gageons-le, fut très utile à beaucoup de personnes.


Tous les renseignements fournis dans ce texte ont été relevés parmi les documents originaux détenus jadis par le concessionnaire. Ils sont maintenant entre les mains de l'un de ses descendants.

Ces archives originales ne permettent pas de connaître la date ainsi que les raisons de la cessation de l'activité. Les personnes en mesures de fournir davantage de renseignements sont aimablement invitées à me contacter par e-mail.

En laissant libre cours à notre imagination, nous pouvons aisément deviner bien des situations de toutes sortes.