L'école Albert XHIGNESSE, à Kin.

Comme nous avons pu le remarquer sur la page relative aux hameaux de Kin-Stoqueu, les habitants de ces localités ont dû faire preuve de persévérance et de patience pour enfin recevoir l'approbation du conseil communal en vue d'obtenir la construction d'une école.

En 1900 déjà, une première pétition à laquelle s'étaient joints les habitants du quartier du Chalet avait été présentée aux autorités communales. Les textes précédents nous ont montré qu'il a fallu attendre jusqu'à mars 1912 avant de voir ses murs dépasser le niveau du sol.

Si les habitants agissaient avec tant d'insistance, la raison en était simple : les deux hameaux comportaient un nombre relativement élevé d'enfants en âge d'école et de surcroît, devoir descendre à Aywaille afin d'y suivre un enseignement n'arrangeait personne pour de nombreuses raisons qu'il est aisé de comprendre.

En fait, il s'agissait à l'époque d'une salle de classe plutôt qu'une école. Les travaux avancèrent à grands pas puisqu'au mois d'octobre, le 24 plus précisément, Jean-Remacle, dit "François", MONSEUR premier instituteur de Kin, entrait en fonctions. Il était âgé de 22 ans. Quelques 17 années plus tard, suite à sa nomination en qualité d'inspecteur cantonal, Jean Remacle MONSEUR présentait sa démission. Il fut immédiatement remplacé par Albert XHIGNESSE en date du 14 septembre 1929.

 

Les dates clés de l'obligation scolaire.


1842 : Vote de la première loi organique de l'enseignement primaire. Chaque commune doit entretenir une école primaire dans un local décent. Elle est dispensée de cette obligation si l'enseignement est bien assuré par une école "privée".

1914 : La loi du 19 mai instaure l'obligation scolaire jusqu'à l'âge de 12 ans et la gratuité de l'enseignement primaire.

1921 : Vote de la loi sur la scolarité obligatoire jusqu'à 14 ans.

1983 : Vote de la loi sur la scolarité obligatoire jusqu'à 18 ans.

 

Assemblée des élèves et habitants des villages de Kin et Stoqueu lors de la fête organisée à l'occasion du départ de Jean Remacle MONSEUR, en 1929. Plusieurs de mes ancêtres ainsi que ma maman figurent sur cette photo.

Albert XHIGNESSE est sans aucune contestation l'instituteur qui marqua le plus l'enseignement dispensé à l'école de Kin-Stoqueu. Nul ne doute, actuellement encore, de la qualité de l'enseignement qu'il a offert aux nombreux élèves ayant fréquenté cette école. Cela dit, cet enseignant était craint par beaucoup de personnes du village. Lorsqu'il traversait le village à pied, le matin ou en fin d'après-midi, certaines personnes de Kin évitaient de se trouver sur son passage.

Il n'était pas rare de le voir faire certaines remarques à des personnes qu'il croisait sur son passage. Jeunes, moins jeunes,  mais aussi des personnes âgées, chacun y avait droit. Il faut le dire : si certains l'ont placé sur un piédestal, d'autres personnes n'ont pas toujours apprécié Albert XHIGNESSE à cause de son extrême sévérité et parfois même de son arrogance vis-à-vis de certains habitants.

Cela dit, le nombre d'enfants en bas âge avait considérablement augmenté dans les deux hameaux. C'était donc une opportunité pour créer une école gardienne à Kin. La décision fut prise par le conseil communal en date du 8 novembre 1967 faisant suite aux nombreuses requêtes présentées par les habitants des deux hameaux.

A l'occasion de la fête organisée pour sa mise à la retraite, Albert XHIGNESSE a dit : "J'étais sévère, trop sévère même. J'étais le maître, j'étais un dictateur, je suis resté autoritaire jusqu'au bout"   Si la qualité de son enseignement frôlait la perfection,  si ses capacités pédagogiques, son dévouement et sa compétence étaient connus dans toute la région Ourthe-Amblève, l'on peut cependant méditer les mots qu'il a cités lors de l'allocution qu'il fit à l'occasion de sa mise à la retraite.

Albert XHIGNESSE enseigna à l'école de Kin durant 44 années. Pour sa mise à la retraite en date du 31 décembre 1973, le conseil communal d'Aywaille avait pris la décision de dénommer l'école de Kin-Stoqueu "École Albert XHIGNESSE". A cette occasion, une plaque commémorative fut placée sur le mur de la façade de l'école en date du 10 janvier 1974.

La plaque commémorative.

Le départ d'Albert XHIGNESSE ouvrait la porte à une autre forme d'enseignement, plus actualisée aux particularités de notre époque , mais pas nécessairement meilleure. La pédagogie a pris une tout autre dimension et d'autres concepts ont vu le jour.

L'urbanisation s'amplifie dans les deux localités et de nombreuses demandes d'inscriptions d'élèves émanent également des villages environnants. L'école s'avère rapidement trop petite, il faut donc prendre à nouveau de nouvelles décisions et la première d'entre elles sera de parer au plus urgent. Le conseil communal décide ainsi de faire placer un pavillon "préfabriqué" sur la cour de l'école en attendant de rechercher une solution plus concrète et mieux adaptée aux besoins actuels. Ce pavillon très fut placé le 3 décembre 1979 et comme nous pouvons le constater sur cette photo, il s'agit d'une construction très rudimentaire. On devinait qu'il serait impératif à court terme d'investir dans des locaux plus réalistes, plus sécurisants pour les enfants en bas âge et les dirigeants communaux en étaient bien conscients. Cette modernisation réclamait d'autres moyens, d'autres enseignants et d'autres locaux. La nécessité d'une école maternelle se faisait ressentir. Construite par les ouvriers communaux, elle fut inaugurée le 16 avril 1988. Jouxtant les murs de l'école primaire, ces nouveaux locaux accueillent également des élèves venant d'autres localités alentour tout comme l'école primaire.

Kin-Stoqueu, l'école maternelle inaugurée en 1988.

En date du 24 novembre 1992, l'on parle à nouveau lors d'une séance du collège échevinal, de placer un pavillon préfabriqué sur la cour de l'école dans le courant de l'année 1993. Cependant, le 2 mars 1993 l'on estime qu'il ne sera peut-être pas nécessaire de placer ce pavillon. Le conseil communal s'est tourné vers le comité de la salle de Kin-Stoqueu afin de tenter de concrétiser une réalisation commune aux deux parties. Une convention d'occupation de la salle avec le comité des Œuvres scolaires est établie en date du 24 juin de cette même année. Une somme de 1.700.000 Frs est prévue afin d'entamer des travaux d'extension.

Construite en contrebas de l'école en 1936, la salle sera entièrement reconstruite en 1994.

, mais tout cela, c'était sans compter à nouveau sur de nouvelles extensions des deux hameaux. De plus, la qualité de l'enseignement dispensé à l'école de Kin-Stoqueu s'est forgé une solide réputation dans les villages alentour. Voilà deux nouvelles raisons amplement suffisantes pour justifier la construction de nouvelles classes. Le besoin d'investir se manifestait à nouveau, , mais cette fois il fallait le faire d'une tout autre manière. Les villages de Kin et Stoqueu méritent amplement les nouveaux locaux annexés à l'ancienne école. Inaugurée le 31 août 2004, cette nouvelle aile du bâtiment est constituée de quatre classes.

A la rentrée de septembre 2004, 58 élèves ont été inscrits pour l'enseignement primaire.

Deux vues montrant les nouvelles classes

Ecole de kin

Un tel édifice, adapté aux méthodes pédagogiques de notre époque, met un terme définitif au , caractère rural de l'ancienne école. Comme écrit précédemment, les deux villages ne laissent quasi plus transparaître des traces de la vie d'autrefois. D'une manière générale, l'on nomme cela "le progrès". A chacun d'apprécier ou pas la valeur de ces choses.

© Jacques Schoumakers (2004-2005)

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