Deigné, église Saint-Joseph.

L'église actuelle.


Autre vue de l'église avec le vieux tilleul retaillé.

 

© 2013 Jacques Schoumakers.

Sources

Tous les renseignements m'ont été fournis par M. Jean-Marie GILSON, collaborateur à la rédaction de la brochure EKKLESIA, éditée par l’Unité Pastorale d'AYWAILLE - SPRIMONT

Je remercie également Madame LEPIECE de Deigné, qui m'a aimablement ouvert les portes de l'église.

 

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Deigné, l'église dédiée à Saint-Joseph.

Des discordances de dates apparaissent dans les diverses sources consultées. Nous avons tenté de reproduire ce qui semblait être le plus concret.

La chapelle primitive date approximativement de l'année 1688. Son édification faisait suite à un desideratum transmis par les habitants au cardinal LANDGRAVE de FURSTENBERG qui était à l'époque administrateur et prince de Stavelot.

Extrait de cette supplique :

«Prince Eminentissime, rencontrant en très profond respect les manants et les habitants du village de Deignez, terre de Stavelot, vos très obéissants et affectionnés sujets qu'ils sont éloignés de leur église paroissiale de Sprimont de plus d'une grosse heure et pour ce, en temps hiverneux ou pluvieux, les enfants, gens vieilles ou infirmes, ont une très grande incommodité d'entendre la Sainte Messe et faire les autres fonctions catholiques à quoi ils sont obligés, fêtes et dimanches ...»

Le 16 avril 1687, les habitants reçurent une réponse favorable à leur demande. La première chapelle put ainsi être construite en 1688 par les soins du Révérend Olivier POLIS, docteur en théologie et curé de Sprimont. Notons que la chapelle fut desservie jusqu'en 1802 par différents vicaires appartenant à la paroisse de Sprimont.

Le XIX brumaire de l'an XII (11 novembre 1803), l'évêque de Liège Jean Evangéliste ZAEPFFEL, érige Deigné en église succursale comprenant les localités d'Adzeux, Rouge-Thier, Hottechamps et Cornemont. Le premier vicaire résident fut D.D.LALLEMAND et quelques jours plus tard, le 15 novembre 1803, Gérard KAEMPF fut installé en qualité de curé de Deigné par Dieudonné DUJARDIN, alors administrateur de Louveigné. Il était mandaté par J.J.DEFOURNY, curé de Sprimont.

L'église actuelle fut bâtie avec les souscriptions des paroissiens ainsi qu'avec des subsides accordés par la commune, par la province et par le gouvernement. Elle fut érigée sous le pastorat de l'abbé LOUVRIER et terminée en 1849. Le 17 juin 1857, l'église fut consacrée par Théodore de MONTPELLIER, évêque de Liège. Le presbytère fut construit en 1859.

En 1872, tout l'intérieur de l'église fut entièrement restauré.

Le portail d'entrée de l'église est enclavé entre deux pilastres surmontés d'un arc plein cintre dont la clé de voûte comporte la date de construction de l'édifice. Elle comporte une arabesque sculptée, surmontée d'une croix.

Entre le portail et l'abat-son, posée sur une pierre de taille, nous pouvons découvrir une statue de Saint-Joseph et de l'Enfant Jésus surmontée d'un arc plein cintre.

En 1873, dans une annexe adossée au mur Sud de l'église, on construisit un lieu de recueillement dans lequel une représentation de la grotte de N.-D. de Lourdes fut aménagée.

Au cours de la même année, le vaisseau central de la nef fut entièrement restauré.

La nef et son mobilier

Composé de meubles d'époque qui ont été très probablement offerts par Madame d'OREYE de Lantremange, riche propriétaire résident à Playe, le mobilier comprend des bancs restaurés et sculptés à chacune de leurs extrémités ainsi qu'un magnifique confessionnal garni de colonnes boisées surmontées par quelques arabesques dorées.

En 1869 (date sujet de controverses) l'abbé MARECHAL lui aussi, intervint financièrement afin d'enrichir quelque peu le mobilier; il fit installer des stalles et des orgues par les facteurs PEREBOOM et LEYSEN, organiers à Maastricht. L'Association des Eglises Pauvres apporta également sa contribution afin de meubler l'édifice.

Trois vitraux représentant respectivement, l'Annonciation à Marie, le Saint Sacrement et la Crucifixion décorent le vaisseau collatéral gauche. Ils datent du mois de mai 1905. Le vaisseau collatéral droit ne comporte aucun vitrail puisque son mur est mitoyen avec l'annexe qui renferme la représentation de la grotte de N.-D. de Lourdes. Ce mur est garni de deux statues représentant Sainte Brigitte et Sainte Thérèse d'Avila.

Une petite chapelle aménagée dans le fond du vaisseau collatéral droit renferme une statue représentant le Sacré Cœur de Jésus ainsi que les fonts baptismaux.

Dans le petit narthex on découvre, outre un petit bénitier, une plaque commémorative sur laquelle sont gravés les noms de quatre jeunes hommes de Deigné décédés durant la Première Guerre. Y sont également gravés les noms de dix-sept héroïques défenseurs du village. Cette plaque fut adossée au mur en août 1919.

Le clocher

Le clocher renferme deux cloches dont une pesant 418 kg qui fut placée en 1859. Du nom de "MAXIMILIEN", elle fut offerte par les paroissiens. Monsieur N.A. d'OREYE en fut le parrain tandis que sa marraine était Madame F.TH. Marie (...)

En 1874,une seconde cloche pesant 850 kg prit place dans le clocher. Elle comportait les inscriptions : «Je m'appelle Joseph du Coeur de Jésus. H.J. HEYNEN, doyen de Sprimont m'a baptisée MDCCCLXXIX». Elle eut pour parrain J.E. LEROY et Mme THONON-LEKEU en fut la marraine. Victor RADELET était alors le 9e curé de Deigné. Cette seconde cloche fut enlevée par les Allemands en 1943.

Le 27 décembre 1953, une nouvelle cloche a remplacé celle qui ne fut jamais restituée par les Allemands.

Une horloge avait été fixée en mai 1862 au sommet de la tour de l'édifice. Elle sera remplacée par une autre en 1943.

Les cimetières

En 1803, le premier cimetière était implanté dans le jardin du presbytère, attenant à l'église. Devenu insuffisant, un nouveau cimetière fut établi au lieu-dit "So Straou", non loin de l'église. Il reçut la bénédiction le 18 septembre 1856.

En guise de conclusion, nous pouvons dire que l'église de Deigné est relativement simple et modeste, tout comme tant d'autres églises de petits villages.

A la page suivante, quelques vues des particularités intérieures de l'édifice.