L'église de Nonceveux vers 1790. Elle bénéficiera d'une première restauration en 1907
(Dessin de Paul LEPAGE)

 


Protocole du notaire ALDRINGEN.


L'église en 1976.

 


La cloche de l'église de Nonceveux.

Reproduite avec l'aimable autorisation de l'Institut Royal du
 Patrimoine Artistique (IRPA)

 

Les fonts baptismaux.

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© 2013 Jacques Schoumakers.

Nonceveux, l'église Sainte Thérèse d'Avila.


L'église actuelle.

S'il est possible de consulter des archives relatives aux diverses activités présentes alentour du village dans les années 1600 et même bien avant, il n'en va pas de même pour la création de la première chapelle du village. À l'époque actuelle rien ne peut venir étayer l'hypothèse de la présence de cette chapelle au le 17e siècle.

Concernant le XVIIe siècle, on sait que la population du village de Nonceveux, alors peu nombreuse, avait pris une certaine ampleur suite au développement des activités industrielles. Cet accroissement de population nécessitait la construction d'un édifice afin de pourvoir aux besoins religieux des habitants du village.

Il faut savoir que la population de Nonceveux, Sedoz et Quarreux devait se rendre à l'église de Sougné qui était la seule habilitée pour la célébration des baptêmes, mariages et messes d'enterrements. Pour ce faire il fallait traverser les eaux parfois tumultueuses de l'Amblève au moyen de nacelles, par un gué situé au pied de la colline nommée "Heid des Nacelles". La route actuelle n'existant pas à cette époque puisqu'elle fut construite en 1863, les paroissiens empruntaient ensuite le chemin nommé "Laid Riveux" situé non loin du pont de Nonceveux, en aval de ce dernier.

Il semblerait cependant que la localité de Quarreux dépendait de la paroisse de Lorcé car, dans l'église de cette localité, on pouvait apercevoir une reproduction du monument de "Jonathas de Quarreux". D'autre part, des archives mentionnent le fait que "cette bourgade" dépendait du curé de Sougné, tant pour les services religieux que pour la levée des dîmes.

Au cours du XVIIIe siècle, le village de Nonceveux et les autres localités environnantes connurent un accroissement de population dont une bonne partie était occupée dans les quelques entreprises installées en ces lieux. Jadis, on exploitait le minerai de fer et quelques exploitations forestières étaient destinées à la fabrication du charbon de bois. Ceci expliquant cela.

Dans l'inventaire du patrimoine immobilier de Wallonie, l'on retrouve un texte attestant de la présence d'une chapelle à Nonceveux en 1769, mais sans apporter d'éléments réellement probants.

Les habitants réclamèrent à diverses reprises la construction d'une chapelle à Nonceveux mais cela ne fut pas simple. Finalement, l'Empereur Joseph II ordonna au curé de Sougné-Remouchamps de construire un sanctuaire dans notre village. Cette ordonnance est connue sous l'appellation "Édit de Bude" et date du 28 novembre 1788. Joseph II, vu la sentence du Conseil de Brabant basée sur l'Édit de 1769, autorise G.Labeye curé de Remouchamps et décimateur à Nonceveux, à emprunter une somme de dix mille florins Brabant. Cette somme fut hypothéquée sur les biens de son église situés au ban de Sprimont et au Duché de Luxembourg.

Un protocole du notaire ALDRINGEN, daté du 7 février 1788, fait mention de l'érection d'une chapelle à Nonceveux (voir ci-contre).

Nous pouvons certifier que l'emprunt destiné au financement de la chapelle fut contracté le 10 février 1789 par-devant maître HARDY, notaire à Rouvreux. Les travaux de construction de ladite chapelle prirent fin en 1790, sans davantage de précisions.

Les habitants des localités de Sedoz et Quarreux, de même que les habitants de l'unique maison située à Baiheid accédaient à la chapelle primitive par un sentier longeant l'Amblève nommé "Voie de messe"

 En février 1838, le village de Nonceveux fut érigé en paroisse et le 2 février de la même année la Députation Permanente prenait la décision de nommer un Conseil de Fabrique d'Église.

En 1843, l'église fut quelque peu agrandie. Les précisions de ces travaux font cependant défaut. Le jubé fut construit en 1845 pour la somme de... 180 francs. À nouveau, l'église fut agrandie ou encore restaurée à plusieurs reprises, entre 1898 et 1903.

Dès 1905, il est communément reconnu et admis qu'il faut cesser de "rapiécer" l'édifice afin d'envisager un projet plus réaliste dans le but plus d'offrir aux paroissiens une église plus adaptée à la célébration des offices religieux. Afin de collecter l'argent nécessaire à la réalisation de ces travaux assez conséquents, les trois autels et les bancs présents dans l'église furent vendus. L'adjudication des travaux revint à M.André HEYNEN, entrepreneur à Spa (décision du 14-11-1906).

Le 5 juin 1907, le conseil de la Fabrique admet qu'un préau couvert situé à l'école du village soit utilisé pour la pratique des cérémonies durant les travaux. La nouvelle église fut ouverte aux paroissiens au cours de la même année.

Selon les dires du docteur THIRY, la solidité du nouvel édifice serait douteuse et de ce fait sa longévité serait aléatoire. Il écrit également "... la tour, dont le poids  et les assises sont la grande erreur de cette construction..."

Le clocher : contrairement à ce que pensent certains paroissiens, il ne renferme qu'une seule cloche pesant 997 Kg. Curieusement, l'image ci-contre mentionne le poids de 980Kg. Elle fut fondue en 1907 par la firme Van AERSCHODT. Cette cloche porte les inscriptions suivantes :

Don de feu Jules CHARLIER et Élisabeth VINCENT, veuve LEPAGE
Parrain : L.MARTIAL, président de Fabrique
Marraine : Élisabeth VINCENT
Curé : J.GABRIEL

Le 20 mars 1944, les soldats allemands dépendent et emmènent la cloche dans le but de la faire fondre à Hanovre. Le 7 novembre 1945, elle est heureusement retrouvée intacte et l'armée américaine la ramène à Nonceveux. Le 24 octobre 1946, elle est replacée à son endroit initial par messieurs DE COCK, PAUWELS et DE BOCK.

 

Les différents desservants de la paroisse :

  • En 1838, J.J.JARDON ancien vicaire de Sougné devint le premier curé de la paroisse.

  • En 1839, J.J. BODET.

  • En 1847, J.H.BALLAND.

  • En 1856, J.L.DELVAUX.

  • En 1864, R.D. GUILMOT.

  • En 1862, P.LEGRAND.

  • En 1884, Michel-Joseph GOTALE.

  • En 1890, B.A.FOURGON.

  • En 1898, J.GABRIEL, ancien vicaire de Dieupart.

  • En 1917, Édouard DRESSE.

  • En 1932, J.G. KAMPS.

  • En 1950, M.GABRIELS.

  • En 1955, A.NIJMAN.

  • En 1960, A.CLOSSET, le dernier curé desservant la paroisse qui cessa ses fonctions le 31 mai 1982.

Après ce dernier, différents prêtres salésiens venus de l'institut St Raphaël sont venus officier à Nonceveux. Actuellement, ce sont des prêtres venant des paroisses environnantes qui viennent célébrer les offices.

Une particularité de la paroisse est la fête de la St Antoine qui a lieu le dimanche le plus proche du 17 janvier.



St Antoine et son cochon.

 

Voir l'article relatant cette fête.

 

Bibliographie :

  • Archives communales.

  • Docteur Louis Thiry, Histoire de l'ancienne seigneurie et commune d'Aywaille.

  • Inventaire du patrimoine immobilier de Wallonie.

  • Histoires et traditions de nos vallées, tome 3, par Les Heyeus D'Sov'nis.