Ancien portail d'entrée.

 

 


Pierre tombale de Paul Fisen de Gouy
et de son épouse Margueritte Foulon de Cambray. Cette pierre se trouve sous l'escalier menant au jubé.

 


Le vitrail de 1927.

Statue de sainte Odile.


Descente de Croix, vitrail situé sur le mur Est de l'abside. 

 


L'une des stations du Chemin de Croix.

 

 

 

Remerciements

Je tiens particulièrement à remercier Monsieur Willy DEMONCEAU pour l'aide qu'il m'a apportée lors de la réalisation de mes photos. Je le remercie également pour sa générosité et pour sa constante disponibilité.

 

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AWAN : la paroisse, la chapelle et l'église sont dédiées à Saint-Pierre

Les archives mentionnent l'existence d'une chapelle à Awan alentour du XVIe siècle. Elle était située à l'emplacement de l'édifice actuel, en bordure de ce qu'on nommait le "Réal Chemin". La chapelle était entourée par un petit cimetière, lui-même clôturé par un mur. Il semblerait qu'à l'origine, cette chapelle ait appartenu au château. A une date inconnue, elle fut ouverte aux paroissiens. Dépendante de l'église paroissiale de Xhoris, on alternait les célébrations dominicales à Awan et à Xhoris. Le premier curé mentionné dans les archives est l'un de mes ancêtres, Jean CHARETTE qui en 1564 était le desservant des deux paroisses.


 Vue de l'église d'Awan-Aywaille.

Toujours d'après les archives, nous savons qu'en 1648 l'église était dans un état de délabrement tel que les messes devenaient rares et même les sacrements n'étaient plus administrés. Il y eut bien quelques restaurations entreprises par Paul de FISENNE, seigneur du château de Rianwez (ou fief d'Awan), qui fit poser un petit autel sur lequel on pouvait apercevoir ses titres et qualités. Paul de FISENNE s'étant attribué le titre de "seigneur du SART" déplut à Margueritte de FRAIPONT qui revendiqua le fait qu'elle était la seule à pouvoir prétendre à ce titre. De son plein gré et reconnaissant "son erreur", Paul de FISENNE abandonna son titre le 27 janvier 1671.

Pendant plus de vingt ans, des guerres intestines opposèrent les différentes seigneuries et principautés, chacune d'elles revendiquant les droits de propriétés dont les limites étaient contestées. Même les curés d'Awan et de Xhoris prirent part à ces querelles. Nous n'en relaterons pas les tenants et aboutissants, il s'agit là d'une autre histoire. Toujours est-il qu'en 1700, on retrouve une fois de plus la chapelle d'Awan en piteux état. Les murs encerclant le cimetière s'écroulaient de plus en plus. Cet état de délabrement fit réagir l'archidiacre du Condroz qui menaça d'interdire la célébration des offices. Il alla même jusqu'à vouloir interdire la construction de nouvelles sépultures dans ledit cimetière. Il fit appel au bon sens des habitants en les invitant à entretenir les lieux.

Durant le pastorat de Jacques DEFOSSE, curé d'Awan, de Xhoris et de Lorcé et avec le concours d'Antoine-Georges de FISENNE, seigneur d'Olne depuis 1697 qui proposa d'investir ses propres deniers, la chapelle fut reconstruite par ses domestiques et les paroissiens. Cependant, les uns comme les autres avaient leurs "résidences" très éloignées de l'église paroissiale de Xhoris et ils risquaient de manquer l'office du dimanche.

Pendant les travaux de reconstruction et afin de remédier à ces désagréments, le curé put obtenir le 3 juin 1703, l'autorisation de célébrer la messe du dimanche et des jours de fête dans un oratoire aménagé dans la résidence de FISENNE.

En 1726, payé par les paroissiens, c'est un père récollet de Sougné qui célébrait les messes du dimanche et des jours de fête. Le curé de Xhoris avait l'obligation de célébrer chaque quinzaine une messe à Awan mais cela ne lui plaisait guère, car il essayait constamment de se soustraire à cette obligation.

En 1803, l'abbé GUILLAUME relatait le fait que la chapelle d'Awan était rattachée à la paroisse de Harzé, mais aucune archive n'est en mesure de prouver ni de réfuter cette affirmation. Le 21 novembre 1827, les Etats Généraux accordent aux habitants de la paroisse, la propriété de la chapelle. En 1839, Awan devient une cure épiscopale.

Jadis, la chapelle primitive était entourée d'un petit cimetière qui n'était guère entretenu. Il était même dans un état de délabrement tel que l'archidiacre menaça d'y interdire l'ajout d'autres sépultures. Cependant, ces menaces n'interpellèrent pas les habitants et de ce fait, au début du XIXe siècle on continuait d'inhumer les défunts au cimetière de Harzé et par la suite, au cimetière de Dieupart.

En 1839, avant la construction du nouvel édifice, le vieux cimetière entourant la chapelle reçut la bénédiction (!) En 1864, on l'estima, à juste titre, insuffisant et il fallut pourvoir à son agrandissement. On restaura la muraille qui l'entourait en la couvrant avec des pierres de taille. Il fut à nouveau béni le 16 mars 1866, mais il restait toujours trop exigu. Il fallut donc envisager de construire un nouveau cimetière à un autre emplacement, plus approprié. Cet emplacement est situé le long de la grand-route de Marche. La bénédiction de ce nouveau cimetière eut lieu le 1er mars 1880.
 

Au mois d'octobre 1840, on entreprit la construction d'une nouvelle église et la chapelle primitive fut démolie. Durant les travaux, les offices se déroulaient dans le vestibule du château tout proche. L'érection de la nouvelle église ne dura guère puisqu'elle fut déjà bénie le 3 décembre de la même année soit environ deux mois après le début des travaux.

Ces dates mériteraient d'être vérifiées dans les archives, car il est évident de constater l'étonnante rapidité de ces travaux. A ce jour seul l'ancien portail d'entrée subsiste. La date de 1840, certes quasi illisible, est gravée sur la clé de voûte de ce portail. La même date représentée par des briques noires est encastrée dans les briques de couleur rouge constituant le mur Sud de l'édifice.

Un calvaire est aussi présent dans le mur Sud de l'église, il est constitué de briques noires et est situé juste au-dessus de la clé de voûte de l'ancienne porte d'entrée. A sa base, on peut remarquer une niche ne comportant plus de statue.

Signalons cependant un contresens : l'ancien cimetière fut restauré en 1866 alors même que les travaux relatifs à la nouvelle église débutèrent en 1840. Aurait-on construit l'église au milieu d'un cimetière en ruines ?
 

La consécration de l'édifice est datée du 20 juin 1841 et l'année suivante, en 1842, Awan devint une cure succursale. De ce fait, on installa un conseil de fabrique.

Notons cependant que la nouvelle église n'était pas un chef-d'œuvre. Construite entièrement en briques elle paraissait vétuste et vieillotte, elle manquait d'agréments, il y faisait sombre. D'étroites fenêtres laissaient à peine filtrer quelques rais de lumière et la couleur de la peinture intérieure assombrissait considérablement le vaisseau.

L'édifice n'était pas très grand et il devint très rapidement insuffisant. Il fut agrandi aux dépens de l'ancien cimetière abandonné. Cette fois, les décideurs analysèrent davantage les besoins nécessaires à une église et ils en tinrent compte lorsqu'ils rebâtirent l'édifice en moellons de granit. La nouvelle construction date de 1927. Il semble qu'à Awan, maintes erreurs d'appréciations menèrent à des travaux pour lesquels "on" avait omis de faire preuve de bon sens. En attestent les nombreux changements et remaniements visibles sur les différents plans d'architecte.


L'un des plans de l'église.

Les documents et plans attestent l'exactitude de cette dernière date, année durant laquelle divers avant-projets furent élaborés cependant, le premier plan d'agrandissement date de 1926. Sachant que d'importants travaux furent encore réalisés durant le mois de décembre 1927, il faudrait davantage fouiller les archives afin de connaître la date exacte de l'inauguration.

Sur une plaquette située sous le vitrail placé au-dessus de la porte d'entrée actuelle (voir ci-contre) sont gravées les inscriptions suivantes :

RECEDIFICAT ANNO DOMINI 1927
SUB EPISCOPATU REVERENDISSIMI DOMINI
LUDOVICI-JOSEPHI KERKHOFS
REVERENDO DOMINO FR.  JAMOTTE PAROCHO
ARCHITECTO AR. DUFAYS

Rien ne permet d'avancer avec certitude que le vitrail et les inscriptions sur la plaquette furent placés à cet endroit pour l'inauguration de la nouvelle église. Un document atteste le fait que le solde de tout compte relatif aux travaux de maçonnerie date du trois août 1928. A noter également que les plans des travaux de 1927 furent réalisés par l'architecte liégeois Armand DUFAYS.

Mobilier et particularités intra-muros :

Nous sommes en 2013; il est inutile de vouloir chercher de véritables œuvres d'art dans l'église d'Awan, il n'y en a pas. Aucun mobilier ancien ne s'y trouve puisqu'il n'en a jamais existé ou alors, il a disparu... Certaines statues actuellement présentes dans l'église manquent d'accessoires et de particularités permettant de les identifier avec certitude. Je n'en montrerai que quelques-unes dont je suis certain de ce qu'elles représentent. L'une d'elles a cependant une particularité, il s'agit de la statue de sainte Odile que l'on venait jadis prier et invoquer pour son pouvoir de guérir les maladies et infections oculaires.

Ce culte particulier s'accompagnait d'un rituel par lequel on humidifiait les yeux des malades avec de l'eau provenant du « Puits Xhaard », une ancienne fontaine jadis située le long de la route menant d'Awan à Chambralles.
Une cuve baptismale mono pédiculée est posée du côté gauche de la nef, en avant de l'autel. Elle est très simple et ne comporte pas de sculpture. La cuve est couverte d'une coiffe en laiton poli.

Le Chemin de Croix ne reflète aucune valeur artistique et lorsqu'on y regarde de plus près, force est de constater qu'il ne ressemble quasi à rien. Sur une ancienne photo appartenant à l'Institut Royal du Patrimoine Artistique (IRPA), on remarque un autre Chemin de Croix datant de 1840 qui semble nettement plus agrémenté. Il suffirait de le replacer à son endroit primitif, mais c'est là un autre sujet.


Vue intérieure de l'église d'Awan.

L'abside

Le maître-autel situé dans l'abside est construit en partie par des plaques imitant le marbre; les parties angulaires semblent être du marbre.

Cinq vitraux ornent l'abside. Le vitrail central représente la Descente de Croix. A gauche de l'abside, le vitrail de Saint-Joseph fait face au vitrail représentant l'Immaculée Conception. Ils sont tous les trois de style roman. Plus avant dans l'abside, un vitrail circulaire situé à gauche de l'autel représente Saint-Paul. Il fait face à un autre vitrail de même forme situé sur le mur opposé et représentant Saint-Pierre. (Voir photos page suivante).


Vitrail Saint-Paul

 

 

Le clocher

La première cloche qui fit son entrée dans l'ancienne chapelle fut baptisée du nom de Julienne, le prénom de l'épouse de Loys DAWAN, alors seigneur d'Olne. Julienne LARDINOIS est donc la marraine de la première cloche qui daterait du début du XVIe siècle.

En 1855, la fabrique fit l'acquisition d'une nouvelle cloche que l'on baptisa du nom de Jeanne. Pesant 371 kg, elle eut pour parrain Lambert VIEUJEAN et pour marraine, Jeannette PLANTIN. Deux personnes dont nous ignorons les titres si tant est qu'ils en eussent.

En 1861, la firme van AERSCHODT de Louvain livra deux nouvelles cloches dont l'une, d'un poids de 347 kg et dédiée à saint Pierre, eut pour parrain Martin NAA et pour marraine Marie-Jeanne DAWANCE tandis que l'autre, pesant 162 kg et dédiée à Saint-Théodore, eut pour parrain Lambert MINGUET et pour marraine sa fille Constance.

A propos des cloches, certaines confusions subsistent, car nous savons que les Allemands ont enlevé une ancienne cloche (laquelle ?). En 1943. Celle-ci n'est jamais revenue et une nouvelle fut mise en place en 1947.