Portail d'entrée, daté de 1876.

 

 

 


Vue de la muraille Nord et de son transept.

 

 

 


Vue partielle de l'angle Nord-Ouest.

 

 

 



Un des deux confessionnaux.

 

 

 


Le bénitier de l'église

 

 

 


La Piéta, une statue en bois.

 

 

 

 

 

Harzé, l'église saint Jacques

Bien avant l'édification de l'église actuelle, les manants d'alentours désireux d'assister à un office religieux n'avaient d'autre opportunité que se rendre à la chapelle appartenant au château. Les seigneurs d'alors y accédaient directement par un couloir les menant à leur "tribune". L'église était sous la dépendance du diocèse de Liège, de l’archidiaconé du Condroz et du concile d’Ouffet.

L'église primitive de Harzé (alors Harenzeis) aurait été construite dans le début du XIIe siècle. Les archives nous révèlent le fait qu'en 1131, l'église était tenue d'une redevance envers l'église de Stavelot. Nous savons aussi qu'en 1321 l'édifice renfermait la sépulture de Louis de Clermont, décédé cette même année. Les archives demeurent alors quelque peu muettes jusqu'en 1630, date à laquelle le comte Ernest de Suys fit l'acquisition de la seigneurie de Harzé. Le comte suggéra de reconstruire l'église quasi croulante et de l'établir avec le cimetière, à un endroit plus approprié.

Bien qu'il proposa de réaliser ces travaux avec ses propres deniers, son initiative ne vit jamais le jour. Finalement, ce furent les manants d'alentour qui la restaurèrent beaucoup plus tard, en 1681.

En 1685, Monseigneur BLAVIER, évêque suffragant de Henry-Maximilien de Bavière, consacrait l'église sous l'invocation de Notre-Dame et de saint Jacques le Majeur.

Aucun fait important n'est rapporté par les archives depuis cette dernière date. Cela nous amène en 1869, année au cours de laquelle les fidèles et leur curé se plaignaient de l'exigüité de l'édifice, mais également de l'étroitesse du cimetière. Cette situation ne pouvait perdurer, car il fallait non seulement faire face à l'accroissement de la population, mais il fallait également assurer la sécurité des fidèles qui assistaient aux offices. Les murs craquant sous le poids des ans, il fallait agir rapidement.

Notons que la population d'alors, sans cesse grandissante, était sensiblement égale à celle d'aujourd'hui. On comptait environ 1080 habitants en cette année 1869 et une très grande majorité de cette population était composée de fidèles pratiquants.

Toujours en cette même année, le curé avait envoyé une requête au propriétaire du château, le notaire AUBERT, afin d'obtenir l'autorisation de disposer de la tribune pour y placer les orgues ainsi que la chorale. Cette tribune était réservée aux habitants du château et de la ferme y attenant. Sans doute que l'état de délabrement dans lequel se trouvait l'édifice n'inquiétait pas le notaire puisqu'il n'apporta aucune suite à la requête du curé.

Malheureusement, il fallut attendre le 6 décembre 1875 pour que le conseil communal marque son accord pour l'érection d'une nouvelle église. Les travaux débutèrent au cours de ce même mois, ils durèrent environ trois ans. Autant que faire se pouvait, on resta fidèle au style de l'ancienne église en optant pour le style néo-roman propre à cette époque. L'édifice nouveau, construit en pierres du pays, allait être d'une dimension tout autre. A l'endroit où fût bâtie la nouvelle église, il y avait jadis une maison rurale et une forge qui durent être démolies.

Notons encore que les paroisses de Harzé et de Ferrières auraient rivalisé entre elles afin que l'une des deux devînt le centre du doyenné et c'est pour cette raison que les deux paroisses avaient hâte de terminer leurs travaux respectifs.

Le 6 octobre 1878, on décida de mettre en adjudication les travaux de démolition de l'ancienne église. L'édifice fût vendu le 17 février 1879 au profit de la Fabrique. Bien que la commune avait donné son approbation à la Fabrique, elle revint sur sa décision le 26 septembre 1879 prétextant qu'elle avait entièrement pris à sa charge les frais de construction de la nouvelle église.

La députation permanente allait autoriser la commune à revendiquer la valeur des matériaux et le 19 mai 1881, le tribunal de première instance de Huy condamnait la Fabrique d'église à rembourser la commune.

Cela étant, ni les archives de la cure, ni celles du doyenné, ni même celles de l'évêché ne mentionnent la date à laquelle fût posée la première pierre et curieusement, on ignore même la date de l'inauguration de la nouvelle église ! On suppose qu'elle a eu lieu en 1879. Il s'agit là d'un fait plus qu'étrange et a fortiori lorsqu'on connaît (?) celui qui inaugura la nouvelle église, en l'occurrence le curé Jean-Baptiste SALMON qui officia à Harzé de 1875 à 1888. Cependant, nous pouvons aussi lire dans d'autres écrits : "elle fût probablement l’œuvre de Mgr DOUTRELOUX, qui succéda, cette année-là, à Mgr de MONTPELLIER, ou bien elle fût confiée à un délégué de l’évêque".

Les fonts baptismaux de l'ancienne chapelle de même que les deux confessionnaux et l'harmonium prirent place dans le nouvel édifice. Toujours durant cette année 1879, deux nouveaux bénitiers sculptés dans le style de la cuve baptismale furent réalisés par le personnel de l'ancienne carrière LEMAIRE à Dieupart. La même année encore, deux nouveaux confessionnaux, sculptés par Noël MINGUET d'Awan, prirent place au sein de l'église.

En 1928 le peintre LAHAUT d'Aywaille, à la demande du curé CAPITAINE, repeignit entièrement l'intérieur de l'édifice. Un peintre tournaisien réalisa la toile de la Dernière Scène, située sur le mur Est, derrière l'autel.

L'église de Harzé n'a pas échappé aux affres de la Seconde Guerre. Des vitraux furent démolis, la grosse et la moyenne cloche furent emportées par les Allemands qui heureusement, les rapportèrent à une date que nous ignorons. La plus petite des trois cloches n'avait pas été enlevée.

Nous arrêterons ici l'historique de l'église de Harzé, aucun fait vraiment marquant ne pourrait venir le compléter si ce n'est la restauration de 2001 . Comme tant d'autres édifices, l'église de Harzé à réclamé à diverses reprises, des travaux d'assainissement, des réparations et des modifications. Tant au niveau immobilier qu'à l'intérieur de l'église.
Afin de respecter les consignes imposées par le Concile Vatican II, beaucoup de modifications furent apportées au niveau du mobilier de l'église. Le démontage de la chaire de vérité dont le caractère artistique faisait défaut, l'enlèvement des deux anciens confessionnaux et du banc de communion figurent parmi ces changements.

Début septembre 2001, l'église fût fermée au culte et d'importants travaux ont été réalisés à l'intérieur de l'édifice, principalement des travaux de peintures et de restauration. Au temps de cette restauration, une toile peinte représentant la dernière Cène était collée au mur situé derrière l'autel.

Afin de parfaire sa fixation on décida de la recoller, mais le soulèvement d'un coin de cette toile laissa apparaître une autre peinture, directement appliquée sur le mur. Elle représentait une fresque sur laquelle on apercevait Elisabeth, Marie, Joseph, Anne et Siméon et la samaritaine.

Une photo datée de 1926 représente une autre peinture, aussi de la dernière Cène, différente de celle qui fût réalisée en 1928. Cela signifie donc que depuis la date de son érection jusqu'à nos jours, l'église aura vu son chœur décoré de trois œuvres différentes.

L'inauguration officielle de l'église rénovée fût solennellement célébrée le 20 janvier 2002 par l'évêque Aloÿs JOUSTEN.
 


La fresque actuelle. Elle représente trois passages de l'évangile : à gauche, la Visitation de Marie à Elisabeth,
au centre, la présentation de Jésus au temple et à droite, la rencontre de Jésus et de la Samaritaine au puits de Jacob.

Les cloches.

Le clocher de l'église renferme trois cloches :

  • La plus grosse des trois, pesant 800 kg, est un don de Melle Marie-Anne LIERNEUX ancienne tenancière de "La Brassine" anciennement située dans les murs du restaurant "Vieux-Harzé". Cette cloche donne le Fa.

  • La moyenne cloche, donnant le La, fût offerte par Hubert AMAND, un ancien bourgmestre de Harzé.

  • Le Do est tinté par la petite cloche. Celle-ci était la grosse cloche se trouvant jadis dans l'ancienne église. Elle date de 1667. Elle porte le nom "Ernest", comte de SUYS.

 

L'église intra-muros.

Quelques incertitudes, quelques imprécisions de même que quelques polémiques avec l'Institut Royal du Patrimoine Artistique (IRPA) ne permettent pas de dater certains objets avec précision. Cela paraît étrange également, car in fine, l'église n'est pas construite depuis des centaines d'années ! Et ces imprécisions, nous les remarquerons dans les datations des objets constituant le mobilier.

Nous ne décrirons que l'essentiel du mobilier afin de ne pas éveiller chez certaines personnes des idées malsaines. Il faut savoir que l'église de Harzé a subi à plusieurs reprises les affres de personnes que rien n'arrête, même pas le vol d'objets sacrés.

Le maître-autel actuel date du temps du curé FIEVEZ qui officia à Harzé de 1889 à 1909. Il fût béni en 1899 par Monseigneur DOUTRELOUX. Il est composé de granit et de cuivre. De la même époque, deux candélabres à 19 lumières d'une hauteur de 2 mètres sont disposés de part et d'autre de l'autel. Les stalles disposées de la même manière sont aussi de cette époque.

Devant le maître-autel sont posés 3 fauteuils pour prêtre, ils datent de 1914. De part et d'autre de ces fauteuils, nous découvrons les stalles qui datent probablement de 1899. Elles sont placées à l'endroit où se trouvaient les anciens autels latéraux en bois, devenus hors d'usage.

Le grand crucifix en noyer se trouvant jadis dans l'ancien cimetière avait été transporté dans le nouvel édifice. Il sera dépendu en 1990, car il était dans un état de détérioration bien avancé. Ce crucifix était suspendu à l’arc triomphal de la nouvelle église. En 1992 probablement, Monsieur NAVEAU d'Aywaille le remit en état et il fût replacé au fond de l'édifice. C'est également Monsieur NAVEAU qui réalisa, à partir d'une poutre en chêne, une nouvelle statue de saint Jacques aujourd'hui suspendue sur la colonne qui supportait la chaire de Vérité.

Les fonts baptismaux de l'ancienne chapelle castrale furent amenés dans nouvelle église. Probablement aussi en 1879 comme les deux bénitiers sculptés dans le même style que la cuve baptismale. Ils proviennent également de l'ancienne carrière LEMAIRE à Dieupart.

Deux vieux bancs privés sont visibles dans le fond de l'église, sur le mur Nord. Il était coutumier, au temps de l'ancienne chapelle, de posséder des bancs personnels ou familiaux.
Les divers aménagements qui ont été apportés dans le transept ont permis d'y placer une partie des grands bancs, de part et d'autre de l'autel.

En 1970, probablement sous l'office du curé MONFORT, les fonts baptismaux jadis sis dans le baptistère seront déplacés dans le chœur là où sont actuellement administrés les baptêmes.

En 1992, durant l'office de l'abbé Jean-Pierre PIRE, d'autres aménagements furent réalisés. La "Piéta", statue de la Vierge portant sur ses genoux le corps du Christ détaché de la Croix fût sortie du grenier du presbytère. On lui aménagea un emplacement au fond de la petite nef, adossée au mur Sud. A sa gauche se trouve une statue de sainte Thérèse.

L'une des particularités de l'intérieur de l'édifice est de pouvoir différencier de visu, quelles sont les colonnes en pierres et quelles sont les colonnes en bois. Nous sommes persuadés que beaucoup de personnes n'ont jamais aperçu de différence entre elles !


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