Plan du château dont certains endroits numérotés sont représentés sur les photos publiées.

 


Stèle commémorative de l'épopée des Franchimontois, située sur
la muraille Est, à droite du portail d'entrée.

 


Les 600 Franchimontois d'après "L'histoire de Belgique par l'image"

 

Vue de la terrasse du balloir sur laquelle se trouve la roue de levage, de 4 m. de diamètre. Elle servait de grue utilisée sur les chantiers du Moyen Âge. Ces roues étaient actionnées par la force humaine ou animale.(N° 6 sur le plan)

Le château fort de FRANCHIMONT

De passage dans la région de Theux j’aperçus au détour d’une petite route, les vestiges d’un château me paraissant assez imposant : le château de Franchimont. Le beau temps m’y incitant, je me proposai d’aller réaliser quelques clichés de l’édifice. De retour à mon domicile, je voulu tenter de découvrir l’histoire de ce château. Très vite, je constatai que l’histoire de Franchimont et de son château étaient empreints de plusieurs incertitudes et de plusieurs suppositions. Je découvris même l’existence de certains démentis relatifs à des faits dont beaucoup croyaient, ou croient encore, à l’authenticité.

Mon but n'est pas de relater toute l'histoire de cette citadelle médiévale. Je souhaite simplement en publier un bref résumé accompagné de quelques clichés explicatifs.


Situation géographique :


L’ancien château fort est situé à une altitude de 270 mètres sur le territoire de la commune de THEUX, à environ 8 Km de Spa. Un balisage indique la voie à suivre afin d’aborder la colline sur laquelle il fut jadis construit. Ce promontoire surplombe trois vallées situées au nord de l’Ardenne. La colline sur laquelle le château fort fut bâti, du nom de « Frankar » serait à l’origine du nom « Franchimont » qui pourrait également signifier "Mont des Francs".


Un peu d’histoire :


Il semblerait que l’édifice fut érigé vers le milieu du XIe siècle. Les archives y font allusion pour la première fois en 1155 cependant, aucun historien n'attribue une date à son édification. A l’époque, le château fort appartenait à la Principauté épiscopale de Liège, alors État du Saint-Empire germanique, qui géra le domaine jusqu’à la fin de l’ancien régime aboli par la Révolution Française en 1789.
L’édifice avait pour but d’assurer la protection de l’Est de la Principauté contre la Principauté de Stavelot, mais également contre les Duchés de Limbourg et de Luxembourg.


En 1387, le château fut très fortement détérioré suite à un incendie accidentel. Arnould de Hornes, le prince évêque de l’époque le fit reconstruire, mais le château fut vastement modifié. Par la suite, l’édifice fut cédé « en engagère » par l’Évêque Louis de Bourbon à Guillaume de la Marck, dit le Sanglier des Ardennes, en garantie d’un prêt de 4.000 florins.
De nombreuses négociations et divers marchandages furent engagés dans le but de récupérer l’engagère. Ces pourparlers menèrent au rachat, en 1504, de la châtellenie par le prince évêque.

Un an plus tard, Érard de la Marck, l’un des plus grands princes évêques que Liège ait connu, administra les biens récupérés afin d’assurer la sécurité du territoire. De gigantesques travaux furent entrepris dans les places fortes. La surface située entre les anciens murs fut amplifiée de six fois.
C’est alors que fut construite la grande enceinte pentagonale flanquée de quatre casemates. On y accola une tour d’artillerie, le balloir, conçu pour les tirs des canonniers.


Au XVIIe siècle, l’artillerie avait fait d’énormes progrès, notamment en améliorant la portée des tirs de canons. De ce fait, les collines avoisinant le château fort n’étaient plus hors de portée des tirs. Le château n’avait plus la position stratégique qu’il occupait auparavant.
En 1676, Louis XVI ordonna la démolition du château, mais in fine, seul le haut balloir fut partiellement détruit. Au cours du XVIIIe siècle la maintenance et l’entretien furent toujours assurés afin que le château serve de prison.


Le 7 septembre 1789, le château était utilisé comme lieu de réunion pour le Congrès de Polleur, réunion au cours de laquelle les congressistes avaient, à l'instigation du jeune bourgmestre de Theux Laurent François Dethier, adopté une «Déclaration des droits de l'homme et du citoyen» plus progressiste dans plusieurs de ses articles que celle approuvée trois semaines plus tôt en France.


A partir de cette époque, le château fut dévasté et pillé. En 1889, l’État fit l’acquisition des ruines restantes. A de nombreuses reprises, le château fut partiellement détruit, principalement aux XIVe et XVe siècles et plus particulièrement par les troupes françaises. A chaque fois il fut reconstruit, voire même agrandi. Le Touring Club de Belgique racheta l’édifice en 1928 pour le revendre par la suite, en 1959, à la Commune de Theux. Château classé en 1936, il devint en 2011, Patrimoine exceptionnel de Wallonie.

Aujourd'hui, il n'en demeure que des ruines. Cependant, une ASBL dénommée " Les Compagnons de Franchimont" en assure la gestion en tentant d'y apporter quelques restaurations et reconstructions permettant ainsi à des visiteurs ou à des groupes d'écoliers ou autres de découvrir ce qu'était un château fort. Des fouilles y sont encore entreprises par des bénévoles.

 
Quid de L’épopée des 600 Franchimontois...


En 1468, des habitants de la région de Franchimont, marchèrent de Theux à Liège pour tenter d’en chasser les troupes de Charles le Téméraire. Ils échouèrent et furent massacrés jusqu’au dernier sur les hauteurs de la Cité ardente. Dans la foulée, le duc de Bourgogne, furieux, décida de raser Liège.
Cette péripétie, connue sous l’appellation « épopée des 600 Franchimontois » semble n’avoir aucun rapport avec le château de Franchimont. Le texte gravé sur la stèle commémorative représentée par l'image ci-contre n'atteste pas vraiment le fait que les 600 Franchimontois seraient partis du château fort.

Certains historiens affirment qu’il s’agit de combattants liégeois et non Franchimontois, de plus, on cite aussi le nombre de 300 ou encore de 800 guerriers au lieu de 600. La révolte des « 600 » Franchimontois n’est probablement qu’une escarmouche parmi tant d’autres que des imaginations débordantes ont amplifiés.
 
 
Glossaire de quelques termes particuliers au Moyen Âge :

- Engagère : céder ou donner en gagère.  Se dit d'un domaine ou d'un bien qu'une personne concède moyennant une certaine somme, avec la faculté d'y rentrer en possession en remboursant le prix versé.

- Châtelennie : la châtellenie appelée aussi mandement est un terme utilisé au Moyen Âge signifiant la plus petite unité d'un découpage administratif.

- Balloir : tour d'artillerie au XVIe siècle d'où partaient les tirs de canons.

- Casemate : parfois nommée "bunker" la casemate représente un abri militaire, généralement enterré, destiné à abriter du matériel militaire. Elle peut également servir pour assurer une protection contre les tirs d'artillerie ou d'infanterie.

Franchimont, le château.

Vue d'ensemble représentant le portail d'entrée, le donjon et le balloir. (N° 5 sur le plan)

 

D'autres images   
 

© 2012 Jacques Schoumakers. Sources consultées : "Carnet du Patrimoine", n° 21, par Patrick HOFFSUMER ainsi que l'Encyclopédie Wikipédia.