Aussi dénommée : "Aide aux enfants du Maghreb"

 L'Humanitaire, une tâche bien difficile !

 

La corruption est nuisible pour la société.

 

Créer une association à but humanitaire ou encore une ONG n’est pas une mince affaire. Lorsque l’on ne reçoit pas les appuis nécessaires, il s’agit d’une tâche très ardue et quasiment irréalisable. Il ne faut pas comparer une association de joueurs d’accordéon ou encore de joueurs de pétanque avec des projets à caractère humanitaire. Les projets humanitaires nécessitent un avoir de fonds très important permettant de démarrer l’ébauche d’une action sur un terrain déterminée en fonction de critères et de concepts particuliers. Si de grandes associations existent, elles le doivent en majeure partie à des bailleurs de fonds qui ont accepté d’engager d'énormes sommes d’argent dans divers projets. Ce n’est qu’à partir de cela qu’il est permis d’assurer une continuité à ces projets. Par la suite, il devient plus aisé de travailler en coopération avec des associations déjà existantes pour autant que ces dernières s’inscrivent dans un même ordre d'idées. La coopération entre deux associations doit viser les mêmes concepts et avoir les mêmes objectifs si elles veulent réaliser ensemble des choses concrètes.

 

Envol 2003 était le nom de l’association que nous voulions mettre sur pied afin de venir en aide à des diabétiques marocains résidant dans des zones rurales tellement éloignées des grandes villes qu’il ne leur est pas possible de recevoir des soins appropriés.

 

Pour qu’une association humanitaire soit légalement reconnue, il faut avant tout que les initiateurs d'un projet engagent des sommes d’argent personnel. L'association aura alors le simple mérite d’exister. A ce stade, rien n'est encore fait. Loin s'en faut. Par la suite, le combat est long et difficile. Il nous a paru inutile d’engager notre propre argent  sans avoir des garanties de pouvoir réaliser pleinement les objectifs initialement prévus.

  

Nous avions envisagé pour cela de réaliser des dépistages préventifs du diabète au Maroc, car nous étions certains du fait que, si dans nos pays dits « civilisés » beaucoup de diabétiques s’ignorent, bien plus encore devaient ignorer cette maladie dans certaines contrées situées à l’écart de toute civilisation.

 

Au Maroc, la corruption est un fléau de grande importance. Pour peu que l’on quitte les sites touristiques et que l’on s’immisce dans l’intimité de la vie des habitants, l’on ressent très rapidement la crainte des autochtones face à cette calamité. L’Internet est une vaste source de documentation permettant de se forger une opinion sur la réalité de ce problème et de ses tristes conséquences. Je n’invente donc rien. Lorsque nous avons effectué nos travaux de dépistage du diabète, nous avons été accueillis au sein d’une association avec laquelle nous avons tenté de développer des objectifs communs. Dans cette association nous avons rencontré des personnes faisant preuve d’une compétence et d’une expérience du terrain exceptionnelles. Je tiens particulièrement à remercier chacune de ces personnes pour leur accueil et leur générosité, mais également pour tous les moyens techniques et pour l’encadrement qu’elles ont mis à notre disposition.

 

Malheureusement, bien que nous n’ayons aucun reproche à formuler vis-à-vis de toutes les personnes qui nous ont accueillis, nous n’avons pas pu aboutir à un résultat concret et ce pour diverses raisons qu’il ne m’est pas permis de développer ici. Bien que nous vivions en démocratie, je pourrais me permettre de narrer certains faits, mais le bon sens me prodigue des conseils à respecter impérativement. Nous n’avons décelé aucune source de corruption parmi les membres de cette association, j’insiste particulièrement sur cette affirmation.
 

Cela ne signifie bien évidemment pas le fait que nous n’en avons pas perçu à d’autres niveaux

 

Lors de nos travaux, nous avons naturellement pris le soin de travailler sous le couvert d’une une équipe médicale et nous avons, malgré tout, réalisé ces dépistages comme nous l’avions initialement prévu, dans des zones isolées du Rif oriental. Cela n’a fait que renforcer nos quasi-certitudes du départ : nous avons relevé un nombre important de personnes susceptibles d’être atteintes du diabète, c'est-à-dire présentant des taux de glycémie anormalement élevés.

  

Nous sommes arrivés sur le terrain en offrant notre générosité, notre disponibilité, nos compétences, mais aussi en apportant un matériel très coûteux. Nous n’étions donc demandeurs de rien, bien au contraire. Et cela est amplement suffisant pour nous permettre de refuser de fonctionner  dans une voie non parallèle à la nôtre.

 

Si nos objectifs n'ont pas été pleinement réalisés, nous avons le mérite de ne pas avoir accepté de marcher dans des chemins sombres et douteux.

 

Malgré ces complexités nous avons pu rencontrer, lors de notre retour à Rabat, d’autres personnes atteintes par le diabète et vivant dans des conditions d'extrême pauvreté et de misère. Nous avons bien évidemment apporté notre soutien personnel à ces personnes et à leurs familles en leur offrant du matériel de contrôle de glycémie. Cela dans le but de leur permettre d'effectuer des contrôles réguliers de leur état de santé. Et cela, indépendamment de l'association précitée. Là encore, comme en janvier 2003 dans la région de Khémisset, nous avons eu l'immense satisfaction de recevoir beaucoup de chaleur humaine, seule richesse de ces gens vivant quotidiennement dans la misère.


Cela étant, nous avons mis le doigt sur une réalité bien présente : il y a beaucoup de personnes diabétiques à soigner dans les contrées isolées du  Maroc, mais nous devons pouvoir collaborer avec une association marocaine sérieuse afin d'assurer une continuité à nos objectifs.

 

 

Précisions : Nos travaux de dépistages ont été réalisés dans les douars de la commune de Bni Idder.

 

Jacques Schoumakers. Philippe Tordoor.