Les complexités d'un tel travail

    Si nous avions décidé au départ de ne pas pratiquer le dépistage chez les jeunes enfants, c'est pour la simple raison qu'il s'agit là d'une problématique à laquelle nous ne voulions pas être confronté sans avoir reçu au préalable une formation de base relative à cette forme de diabète. Cela dit, nous avons rencontré, dans certains douars, beaucoup de difficultés pour rassembler les personnes sur lesquelles nous souhaitions effectuer nos tests. Curieusement, les femmes plus que les hommes étaient assidues à nos points de rencontre. Fait étrange lorsque l'on sait qu'elles sont davantage occupées à des tâches et travaux divers alors que leurs époux n'avaient quasi aucunes occupations. Généralement, l'on remarquait des attroupements masculins alentours des locaux de dépistages pendant que nous effectuions les tests chez les personnes de sexe féminin. L'on eu dit de ces hommes qu'ils avaient une certaine crainte voire une certaine méfiance vis à vis de nos travaux. Nous pensions même qu'ils préféraient d'abord envoyer leurs épouses afin de voir si elles ne sortiraient pas sur des civières  après avoir effectué les tests. Lorsqu'elles étaient quasi toutes passées nous voir, les hommes s'approchaient, toujours en groupe, sans pour autant oser encore entrer dans le local. Ils se narguaient l'un et l'autre afin de trouver un volontaire pour passer le test en premier. Lorsque quelques-uns d'entre eux avaient subi les tests, l'angoisse des autres se dissipait progressivement et le reste de l'attroupement se présentait spontanément.

 


Sourires et méfiance
 


Enfin, deux volontaires masculins !
 


Dépistage chez l'habitant


Dans l'habitation d'une femme sentinelle

 
Cela étant, il est difficile d'affirmer avec précision le pourcentage de personnes susceptibles d'être atteintes par le diabète. Si l'on écarte les enfants de moins de douze ans, les personnes qui ne se sont pas présentées ainsi que les personnes que nous avons refoulées parce que ne remplissant pas les conditions nécessaires, je pense ne pas être loin de la vérité en chiffrant à 30 pour cent le nombre de personnes atteintes du diabète et qu'il faut impérativement soigner. Il s'agit là d'une autre problématique qui réclame des investissements financiers énormes. Et cela n'est pas de notre ressort. Mais s'il ne nous a pas été permis d'assurer une continuité à ce projet pour diverses raisons que je ne puis dévoiler, il faut savoir que d'autres associations sont prêtes à prendre la relève et totalement disposées à nous épauler.
 


Travail effectué sous


le couvert d'une équipe médicale

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