Vue d'ensemble du château et de l'ancien moulin.


Autre vue de l'ensemble du domaine.


Effigie de Max LOHEST accrochée sur l'un des murs intérieurs du moulin.


A gauche, les dépendances communes au 2 parties et à droite, le corps de logis du château.

 


Ancien panneau de la gare de Martinrive, aujourd'hui accroché  sur un mur
extérieur des dépendances du moulin.

      

Martinrive : château et moulin.

 

Les informations relatives au château et au moulin de Martinrive ne sont pas légion.

Le château daterait de 1776. Des controverses existent quant à la date exacte de sa construction que l'on situe parfois au XVIIe siècle. Certains historiens prétendent qu'il fut érigé sur le site de l'ancienne verrerie d'Aywaille. Pour d'autres, la verrerie était jadis située à l'emplacement actuel du château d'Amblève, ceci étant très probablement exact. C'est en tous cas ce qui m'a été confirmé par les propriétaires du château ANCION situé à l'extrémité du village d'Amblève.

Comme dans bien d'autres domaines, les archives ont été consultées et transcrites tant de fois par divers chercheurs qu'il est aisé de comprendre que les dates qu'ils nous rapportent ne sont pas toujours fiables. Nous devons donc nous satisfaire des différents écrits que l'on rencontre ci et là. Comme je l'ai dit à diverses reprises, d'anciens historiens locaux se contredisent eux-mêmes dans un même ouvrage.

Vers 1152, Martinrive était sous la dépendance de l'abbaye de Logne, celle-ci étant sous la juridiction des maires de Stavelot.

Vers 1423, les moines de Malmédy possédaient d'ancienneté une pêcherie à Martinrive.

En 1590, les moines conclurent avec GILSON, fils de HUMBLET de Rouvreux, un arrangement au terme duquel celui-ci relèverait un étang de venne et de poissonnerie à Martinrive, "au lieu où l'ancienneté il souloit estre" et lui permirent de "poisser avec harnaz, filets et autres instruments, pardessus la venne de cet étang jusqu'à la pierre St Nicolas, moyennant une redevance de trois florins liégeois et de deux gros poissons".

En 1646, Jean de PLAYE, mayeur de Sprimont, avait émis le projet d'ériger un moulin à papier à Martinrive.

En 1647, la pêcherie fut acensée au maire de Louveigné, Michel HUBIN, afin d'y exploiter une papinerie (fabrique de pâte à papier) Sans davantage de précisions, il y eut contestation entre le recteur des jésuites de Stavelot et le mayeur de Louveigné (le mayeur YERNAUX, à l'époque) à propos du droit de pêcher et d'aménager les vennes pour "les usines dans l'Amblève" à Martinrive.

En 1663, le mayeur de Stavelot réside dans le bâtiment de cette papinerie qui plus tard, devint un moulin à farine.

En 1795, le premier mai et sans autres précisions, le domaine fut donné en location à THIRY. (qui est THIRY ?)

En 1828, le 9 avril, un acte de location est établi entre HUMBLET de Rouvreux et Robert de SELYS.

En 1831, le 28 janvier, le moulin fut vendu par Robert de SELYS à Michel (de SELYS ?)

En 1841, la propriété fut achetée par Jules AGIE.

En 1846, le 5 août, le général Alexandre JARSIMONT (d'ARSIMONT ?) devint propriétaire du moulin.

En 1878, le Général LAMBERT hérita de la propriété de Martinrive de son ami le Général JARSIMONT , mort sans héritier.

En 1888, les travaux de construction du chemin de fer atteignaient Martinrive. Le Général LAMBERT ne voulut plus payer une nouvelle meule qui servait de broyeuse au moulin, car avec la construction du chemin de fer, il augurait que plus personne ne viendrait encore faire moudre son grain à Martinrive, ce qui causera, en1890, la cessation des activités du moulin.

En 1894, le général LAMBERT louait Martinrive à son petit-fils, Marie Joseph Maximin LOHEST, dit "Max LOHEST". Pour mémoire, Max LOHEST est l'éminent géologue qui en juin 1886 fut à l'origine de la découverte de "l'homme de SPY". De nombreux sites sur l'Internet y font référence.

En 1906, Max LOHEST et son épouse Marie LAMBERT héritèrent de Martinrive.

En 1908, Max LOHEST fit construire une chapelle dans le village de Martinrive, dédiée au Coeur Immaculé de Marie.

En 1960, suite au décès de Marie LAMBERT, la propriété fut "tirée au sort" et de ce fait, partagée entre Antoinette de SPIRLET qui hérita de la partie "château" et Hortense OPHOVEN, cette dernière héritant de la partie "moulin-ferme".

En 1985, suite au décès de Orthense OPHOVEN, le moulin revint à ses enfants.

En 1987, la famille de SPIRLET vendit la partie "château" aux actuels propriétaires, Monsieur et Madame DERNOUCHAMPS-CAWET.

En 2010, Monsieur et Madame Benoît DALLEMAGNE, ce dernier étant le petit-fils de Orthense OPHOVEN, ont racheté le moulin. Ils sont à l'origine des nombreux travaux entrepris dans cette partie de l'édifice.

A titre de renseignement  complémentaire, en octobre 2011 est né au moulin, le premier arrière, arrière-petit-fils  de Orthense OPHOVEN.

Actuellement, le château est une demeure privée tandis que le moulin est le siège d'un gîte rural offrant de nombreuses possibilités de fêtes et de divertissements.

L'édifice et ses particularités.

L'ensemble château - moulin est érigé au pied de la colline de Rouvreux, relativement près du bord de l'Amblève. Les 2 façades principales sont parallèles à la rivière et sont réunies entre elles par une aile du bâtiment utilisée comme dépendances. Cette partie de l'édifice est partagée par les deux propriétaires.

Cette aile centrale à très probablement servi de grange et d'étables. Sa partie terminale, côté Ouest, était probablement l'habitation de l'ancien meunier. Longeant l'Amblève, un bief alimentant l'ancien moulin est toujours approvisionné par l'eau de la rivière, mais le cours est généralement de faible débit.

Vu depuis le haut du village, la propriété est en partie masquée par la voie ferrée de la ligne 42. L'ensemble de l'édifice est construit en moellons de calcaire hormis quelques pans de murs de la partie "moulin" bâtis en moellons de grès. La bâtisse est flanquée de deux tourelles circulaires de volumes différents; celles-ci sont situées du côté de la route donnant accès aux deux propriétés. Elles dateraient du XVIIe siècle. Leurs coiffes polygonales à 6 pans sont surmontées chacune d'un bulbe. Toutes les toitures, côté château et côté moulin, sont recouvertes d'ardoises.

Dans le bas de la façade uest nous pouvons apercevoir en y regardant bien, de petits pans de murs qui ont été maçonnés afin de reboucher les orifices dans lesquels se trouvaient jadis les axes des roues actionnant les meules. Celles-ci devaient probablement être au nombre de quatre.

Les propriétaires actuels de la partie "moulin" ont entrepris de nombreuses restaurations tout en maintenant le caractère original de l'ensemble. Les murs situés côté Ouest, longés par le bief, présentent encore malgré les restaurations effectuées, le caractère de ce qui fut jadis le moulin. La partie construite en briques et colombages sont là pour en témoigner.

Tout comme l'intérieur du château, l'intérieur de l'ancien moulin a conservé d'anciennes particularités d'époque comme du mobilier, entre autres choses. Pour des raisons évidentes, je ne publierai que deux images : une cheminée d'époque et une porte intérieure très ancienne. Je conclurai en témoignant que l'ensemble du château-moulin se trouve être dans un état exceptionnel de conservation.

Je tiens particulièrement à remercier pour l'accueil qu'ils m'ont réservé, pour leur cordialité et leur amabilité et pour le fait de m'avoir laissé librement circuler afin de réaliser mes nombreuses photos :

- Monsieur et Madame DERNOUCHAMPS-CAWET qui ont acheté la partie "château" en 1987.
- Monsieur et Madame Benoît DALLEMAGNE qui ont repris le 14 janvier 2010 la partie "ancien moulin"  appartenant à la maman et à l'oncle de Benoît DALLEMAGNE.

 

D'autres photos de l'ancien moulin     Vues du château

Sources consultées : les documentations particulières des propriétaires et le Patrimoine Architectural de la Belgique.

© 2012 Jacques Schoumakers.