Le château de Montjardin : quelques dates significatives

Le château de Montjardin a pris naissance à une date incertaine. Rien ne nous permet d'avancer avec certitude la date exacte de son édification. Les nombreuses contradictions relevées parmi les écrits existants ne nous facilitent pas à dater sa construction avec précision. Il faut donc aller "pêcher" çà et là diverses parcelles de textes avançant quelques dates, parfois imprécises.

Bien que le Chevalier Joseph de THEUX de MONTJARDIN aie écrit que le château date du XVe siècle, il se contredit à diverses reprises dans l'ouvrage qu'il écrivit en 1868. Un exemple : lorsqu'il relate la succession des seigneurs de Montjardin, il cite Philippe de Montjardin comme ayant été témoin de trois donations dont les deux premières datent de 1130. Cependant, rien ne nous spécifie le titre qu'il détenait, ou pas, à cette époque.

Dans «Aqualia»  on relève qu'en 1286, Jean, duc de Brabant, attaqua le château de Montjardin qu'il détruisit de fond en comble. Dans le même livre de P.AIMONT, nous découvrons également qu'en 1327, Jean l'aveugle, comte de Luxembourg, roi de Bohême, "se décida à rebâtir Montjardin".

Vers 1369, sans autre précision, le château fut restauré et un second corps de bâtiments lui fut annexé. Le château existait donc bien avant le XVe siècle. Il appartient finalement au lecteur de tirer ses propres conclusions quant à nos explications.

En 1492, Aywaille subit les affres d'un nouvel incendie. Le château de Montjardin n'y échappa pas, il subit le même sort.

L'édifice a remplacé l'ancien château de Vieuxjardin. Ce dernier était érigé sur un éperon rocheux situé à l'extrémité de la colline de Dieupart, vis-à-vis de la façade Sud de l'église de même nom. De nos jours, quelques ruines subsistent encore nous permettant ainsi d'attester sa présence autrefois.

Le château de Montjardin qui succéda à l'ancienne place forte fut érigé sur une plate-forme élevée de quelque 60 mètres au-dessus du niveau de l'Amblève. A pic de trois côtés, il avait l'immense avantage de contrôler le cours de la rivière. Le quatrième de ses côtés était précédé d'une petite cour et de profonds fossés que l'on franchissait par un pont-levis. Il consistait en un donjon de forme carrée, constitué par des murs épais d'environ deux mètres auquel attenait une tour cylindrique.

Un passage à gué sur l'Amblève donnait accès à un petit sentier menant au château.

Le donjon carré est composé de trois niveaux en dessous desquels sont construites des caves voûtées. Chacun des niveaux ne comporte qu'une seule pièce. Peut-être l'intérieur de ce donjon a-t-il depuis subit des modifications au fil du temps. Nous ne pouvons pas le prétendre cependant, l'apparence extérieure de cette tour est restée quasi identique.

Sur le mur Sud du donjon est accolé un bâtiment dont la façade ouverte vers la cour comporte une porte cintrée. Au-dessus de celle-ci on peut apercevoir une pierre calcaire sur laquelle sont ciselées les armes de Sébastien DAEMS. Elle est millésimée de 1642.

Une tradition familiale rapporte que cet ancien manoir aurait primitivement servi de tour de refuge reliée à l'ancien château par des souterrains. Si des excavations existent au pied du château actuel, elles semblent être d'origine naturelle. Elles n'auraient pas de liaisons entre elles, minant de ce fait la tradition. Il en va de même pour les deux petites grottes, de peu d'étendue, avoisinant l'édifice.

Suite aux guerres entre la France et l'Espagne, une garnison française occupa les bâtiments du château de 1673 à 1676. Les Français obtinrent des Espagnols un sauf-conduit leur permettant de quitter le domaine de Montjardin en toute quiétude.

 

Ci-dessus, la reproduction d'un dessin réalisé en juillet 1654 par un touriste de passage "venu séjourner quelque temps" à Montjardin.

Selon le Chevalier Joseph de THEUX de MONTJARDIN , ce dessin serait "de la plus complète exactitude"

 

Selon qu'il connut différents propriétaires, le château a subi bien des transformations au cours des siècles écoulés. Le pont-levis fut détruit et remplacé par un terre-plein. Les fenêtres et les portes, tout comme les plafonds et les cheminées furent modifiés selon les exigences des divers propriétaires.

En 1868, une ferme fut bâtie au centre de la propriété par M. H. DELFORGE, agronome distingué dont on a dit "qu'il sut réunir à l'élégance les perfectionnements modernes de la science agricole". Il est bon de savoir qu'à cette époque, l'entourage du château et le petit hameau de Hénumont étaient habités par une population beaucoup plus importante qu'actuellement.(Voir sur ce site, l'état civil d'Aywaille depuis 1798)

Posée sur une source, la tourelle d’angle du château alors de forme circulaire, s’est effondrée dans la nuit du 4 au 5 mars 1927. Elle fut reconstruite carrée, de style rhénan, sur quatre niveaux de fondations à trois faces.

 Depuis lors aucun fait marquant n'est à signaler alentour du château. Bien sûr comme toute bâtisse, le château a connu quelques petites restaurations.

Vue du château en 1903

Effondrement, le 5 mars 1927

Le château restauré en 1929

Montjardin en 2004

Les seigneurs de Montjardin

Autres photos du château

Bibliographie :

J. de THEUX de MONTJARDIN « Histoire de la seigneurie de Montjardin et de la Porallée miraculeuse », Bruxelles, 1869.

Docteur THIRY, «Histoire d'Aywaille», deuxième partie, tome V.

P. AIMONT « Aqualia ».

© 2010 Jacques SCHOUMAKERS