Les Galets de la Saint-Antoine, à Nonceveux

Statue de Saint-Antoine et son cochon telle qu'on peut la voir en l'église Sainte- Thérèse d'Avila à Nonceveux

 

 

Le mois de janvier est particulièrement festif pour les habitants du village de Nonceveux. Cependant une tradition l'emporte sur les différentes autres manifestations : la bénédiction et la distribution des « galets » bénis.

Cette fête a lieu le dimanche situé au plus près de la date du 17 janvier.
 

L'origine de cette noble tradition est peu connue. Il semble cependant qu'elle pourrait dater de la fin du 18è siècle.

Toujours est-il que jadis, la bénédiction des galets était un véritable pèlerinage auquel assistaient des centaines de personnes dont la plupart d'entre elles étaient des fermiers et des éleveurs de bétail. Cette population accourait de tous les villages situés alentour de Nonceveux et certains pèlerins parcouraient parfois plusieurs dizaines de kilomètres afin d'assister à ces réjouissances.

L'on venait prier à la chapelle de Nonceveux afin d'invoquer Saint-Antoine pour qu'il intervienne généreusement auprès de Dieu dans le but d'obtenir sa bénédiction. La tradition voulait que l'on fasse aussi bénir les animaux amenés là par leurs propriétaires.

De là est née la bénédiction des galets. Ceux-ci étaient amenés par centaines, voire par milliers par de nombreux marchands installés le long des routes menant à la chapelle. Les pèlerins achetaient la quantité de galets qu'ils jugeaient nécessaire afin de les faire bénir au cours de l'office religieux. Il était de bon aloi d'emporter aussi de l'eau pour la faire bénir à la chapelle ou même du sel qui, une fois béni, pouvait servir à repousser le mauvais sort. A la fin de la cérémonie, la population consommait une partie de ces galets bénis, les autres étant réservés à leurs animaux.

On leur prêtait, comme toujours actuellement, des vertus médicinales. L'on disait également que ces galets, une fois bénis, avaient la particularité de ne jamais gâter. Tout qui consommait ces succulents « galets » était assuré de ne jamais souffrir de maux de ventre durant l'année à venir. Gens et animaux en mangeaient donc sans modération !

Des galets avou ostant d'souc' qui d'bourre !

Après ces pieuses intentions, les populations accourues de partout participaient aux diverses festivités organisées au cours de la kermesse qui s'ensuivait. Celle-ci se terminait très souvent dès potron-minet. L'hospitalité des habitants du village était mythique, des tables restaient dressées pendant la journée ainsi que durant une bonne partie de la nuit. Outre les galets bénis, on pouvait également déguster les délicieuses tartes confectionnées par les habitants, mais également se rafraîchir au moyen de quelques bonnes rasades de «gouttes».

Durant de nombreuses années les festivités relatives à la bénédiction des galets débutaient par une soirée dansante organisée le samedi soir au café « Le Moulin du diable » situé à Quarreux. Ce bal attirait lui aussi de nombreuses personnes venant de partout alentour. Il fallait bien souvent réserver une table bien à l'avance pour être assuré de participer aux réjouissances. Lors de ces bals, l'on fredonnait très souvent un petit couplet un rien irrévérencieux :

« Saint-Antoine avait un cochon,
Trô dè cou, de papier
Trô dè cou, de carton»

Si de nos jours la tradition des galets perdure, elle n'est guère plus le reflet des festivités d'alors et les galets ont perdu leurs particularités d'antan. Cependant cette tradition a le mérite d'encore exister grâce au dévouement de quelques personnes visant à garder, voire même à améliorer d'anciennes coutumes villageoises.  Il est difficile cependant de connaître la raison de la disparition progressive de ces allégresses, mais l'on peut par exemple, relever dans un article paru au journal «La Meuse» de janvier 1988 le fait que certains pèlerins passaient saouls à l'offrande, probablement trop chargés de «gouttes»

Saint-Antoine, Prédicateur populaire

Ce chanoine parfois nommé "Saint-Antoine du désert" ou "Saint-Antoine le Grand" ou bien encore "Saint-Antoine-Abbé" se fit franciscain pour endurer le martyre dans le désert avant d'échouer sur les côtes italiennes : c'est alors que son talent pour la prédication se manifesta et qu'il devint si célèbre. Suivirent des textes de prières liées aux différents lieux de culte du saint : litanies, neuvaines, treizaines, etc. Il faut cependant noter l'existence de confusions multiples avec St Antoine de Padoue et les textes existants sont parfois très contradictoires à ce sujet.

Pourquoi prier Saint-Antoine ?

Ne serait-il là que pour faire retrouver les objets perdus ?
En vérité, ce sont toutes détresses et toutes misères
que l'on peut confier à St Antoine, lui, l'ami des pauvres.

Pourquoi Saint-Antoine et son cochon ?

D'origine noble, ce jeune chrétien avait fait le vœu de devenir ermite et se retira dans le désert. Il dut subir l'assaut d'horribles tentations qu'il repoussa néanmoins victorieusement. L'esprit du mal qui le tenta prit plusieurs formes notamment celle d'un cochon. Mais Saint-Antoine ne succomba pas, rendant ainsi au cochon sa paisible nature. Saint-Antoine fit donc du cochon son fidèle compagnon.

Liens Nonceveux-Sedoz-Quarreux

© Jacques Schoumakers