Un passeur d'eau à Nonceveux.

 

 

 

 

 

 

 

 

Un protocole du notaire Aldringen, daté du 5 février 1786, relate un fait s'étant produit le 15 janvier de la même année sur les abords de l'Amblève. Si certains écrits attestent de l'existence d'une chapelle à Nonceveux déjà en 1769, les paroissiens du village se rendaient probablement souvent à l'église de Sougné qui était seule habilitée pour la célébration des baptêmes, mariages et messes d'enterrements.

Des citoyens du village de Nonceveux n'eurent manqué pour rien au monde d'aller confesser leurs égarements du droit chemin au curé de Sougné. Comme le relate le protocole ci-dessous, il ne devait pas toujours être aisé de traverser l'Amblève, au moyen de nacelles, par ses gués. Le passage dont il est question dans la relation des faits devait probablement se trouver au bout de l'actuelle rue du Fond.

Relation à titre anecdotique

Ce iourd’huÿ vingt cinq février 1786 par devant moi notaire sousigné admis du souverain conseil de sa Majesté à Luxembourg resident à Sougné presens les temoins embas de cette denomés à la réquisition de Joseph Lavarée de nonceveux personnellement sont comparus Jean Joseph Compere jeune homme majeur d’ans, Anne Marie Bourbon épouse à Laurent Compere, Catherine Giloteau épouse à Hubert Vincent et Marie Jeanne Ransÿ dudt nonceveux, lesquels en faveur de justice et de vérité et sous promesse de la ratifier par serment s’ils en étoient requis pardevant tous juges que besoin sera, ont dit et déclaré que le quinze de janvier 1786 dernier leur zèle de remplir les devoirs de chretiens les obligeant de traverser la rivière d’Ambleve près de nonceveux pour venir entendre la messe à leur eglise paroissiale dudt Sougné ils eurent grande peine de pouvoir traverser ladte rivière à raison de sa grosseur nonobstant que ledt compere ci comparant qui s’estime bon passeur eusse conduit la nasselle, étant arrivé à bord avec peine ils allerent satisfaire leur obligation entendant la messe audt Sougné et revenant audt passage trouvere encor l’eau grossie, mais voiant la nécessité qu’ils avoient de repasser ils se mirent dans le peril et s’embarquerent tous ensemble avec une certaine Margueritte Bihain native de Fraipont, mais etant arrivés au fort de l’eau, la perche, dit vulgairement feré que ledt compere tenoit en mains pour gouverner ladte nasselle venant à casser au milieu, il fut renversé au milieu de la riviere et etant ainsi tous dans le peril, ledt compere eu le bonheur de jetter les mains sur le bord deladt nasselle dans quelle il se tira avec peine et la dte nasselle voguant au milieu des eaux s’allat heurter contre un gros cailloux sur quel ldte Anne Marie Bourbon se precipita et s’y cramponnat pour se sauver nonobstant la force de l’eau, parès quoi ledt compere s’abordat avec assez d’adresse à l’autre borde bien bas et aians pris secours d’autres hommes qui survinrent et un nouveau bois dit feré, ils furent rechercher ladt Anne marie Bourbon qui etoit dans ledt péril. Tout quoi il déclare veritable sous promesse de ratification comme dessus.

Ainsi déclaré sur l’eau d’ambleve vis-à-vis de sougné en presence d’Antoine Usson et de Gaspar Collard dudt sougné qui comme temoins de cette l’ont signé et respectivement marqué avec les dits declarants.

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