Liège autrefois : Trams et trolleybus.

Le présent sujet n'a pas la vocation de retracer l'histoire des premiers transports en commun de la ville de Liège. De nombreux ouvrages y ont été consacrés. J'ai simplement voulu faire ressurgir du passé quelques bons souvenirs de l'époque au cours de  laquelle j'ai voyagé à maintes reprises en tram et en trolley dans l'agglomération liégeoise.

Au XIXème siècle, la ville de Liège est en pleine révolution industrielle. L'agglomération liégeoise est à ce moment le lieu principal de l'implantation de ce qui fut nommé "l'industrie lourde" La ville de Liège et sa périphérie connurent une extension très rapide engendrant par ce fait un accroissement important de la population. La ville de Liège se devait de s'équiper d'un système de transports publics étant à la hauteur de ses prétentions industrielles.

Au début des années 1850, les Etats Unis d'Amérique tentaient de développer ce que l'on nomma le "chemin de fer américain" Il s'agissait en somme de divers modèles de véhicules guidés sur des rails et tractés par des chevaux. Ce nouveau moyen de transport se répandit, tel une trainée de poudre, de ce côté-ci de l'Atlantique et de nombreux essais furent réalisés en région liégeoise comme dans d'autres pays européens.

Le tram à traction chevaline était né et la ville de Liège allait en faire l'acquisition en 1871 afin d'inaugurer le tronçon Guillemins - Saint-Lambert qui devait être la première portion d'une ligne reliant la gare à la ville de Herstal. L'une des particularités de ce genre de transport était le fait que les voyageurs se déplaçaient souvent plus vite en allant à pied. Il n'y avait pas assez de véhicules pour satisfaire aux besoins de la clientèle. Des anciens m'ont révélé avoir vécu maintes chamailleries aux différents points d'arrêt jalonnant le parcours de ces chevalines. Les uns prétextant attendre depuis plus longtemps que les autres.

Ce tramway à traction chevaline est le plus ancien témoin du transport en commun liégeois. Si l'on sait qu'il fut construit en Angleterre vers 1875, on en connait cependant pas le constructeur. Cette "chevaline 11" fut amenée à Liège fin 1875 quelque peu après la création de la ligne mentionnée ci-avant. Le véhicule offrait des sièges pour 16 passagers.
 


Vue d'une autre chevaline, la 132, aussi appelée "baladeuse" ou encore "Li découvèrte" en wallon. Construite en 1886, elle faisait partie d'une série de 14 tramways. Elle pouvait véhiculer 20 voyageurs assis et 20 voyageurs debout.
 


Le bassin liégeois connaissait un essor économique et industriel sans précédent, impliquant la création d'un autre moyen de transport. On comprend aisément la lenteur de la traction chevaline et les difficultés rencontrées par les chevaux pour tirer de lourdes remorques dans les nombreuses rues très pentues de la ville. Il fallait donc innover.

C'est ainsi qu'il fut décidé de mettre en application l'électrification des tramways, prévue depuis un certain temps déjà. Elle allait permettre d'étendre davantage les lignes vers des quartiers inaccessibles aux voitures chevalines mais également d'améliorer les temps de parcours.

L'électrification des lignes existantes débuta à la fin des années 1890. En l'espace d'une décennie, le réseau s'amplifia de manière considérable. De nouvelles lignes firent leur apparition tant au nord qu'au sud de la ville. En 1899, une ligne atteignait le pont de Wandre, en 1897 une autre reliait Liège à la ville de Chênée et en 1905, la ville d'Angleur était à son tour desservie par les trams.

Ces véhicules électrifiés étaient naturellement dotés d'une toute autre puissance que leurs ancêtres tractés par les chevaux. La puissance de leurs moteurs permettait non seulement de mettre en service des véhicules dotés d'un plus grand nombre de places mais également de partir "à l'assaut" des plateaux environnants :

  • Robermont en 1895.

  • Bois de Breux en 1897.
  • Fléron en 1902.
  • Ans en 1898.

L'exposition universelle de 1905 allait être le point de départ des nouvelles extensions constituant la fameuse Ligne 4, base de la grande boucle urbaine.

Ci-dessus vue de la motrice 45, construite en 1919 par les Ateliers Métallurgiques de Nivelles. Elle faisait partie d'une commande de 10 voitures (série 40 à 49) affectées aux extensions du réseau de la périphérie liégeoise. Elle était en circulation sur les tronçons de Jemeppe à Flémalle-Haute et de Lize au Bois de la Vecquée. Elle pouvait être attelée de 2 remorques, principalement utilisées en renfort lors des matchs de football organisés à Sclessin au stade du Standard. Elle fut mise hors service en 1960.


Vue de la motrice 193, appartenant à une série de 25 (169 à 193) et construite par une filiale des ACEC. Ces motrices étaient en circulation sur les lignes 17 (Guillemins-Bressoux) et 18 (St.Lambert-Bressoux) Progressivement, elles parcoururent la totalité du réseau jusqu'à leur déclassement en 1964. Leur contenance était de 24 places assises et 42 places debout. Elles pouvaient aussi être attelées d'une ou deux voitures.


Quelques grandes compagnies de transport dans l'agglomération liégeoise :

  • S.A. des Tramways Liégeois

  • Frédéric Nyst et Compagnie
  • T.U.L.E. : Tramways Unifiés de Liège et Extensions

    © Jacques Schoumakers

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